Le Premier ministre Nawaf Salam a réaffirmé la position de son gouvernement sur les négociations avec Israël, le désarmement du Hezbollah et la gestion de la crise des déplacés lors d’un entretien avec Al Hadath dimanche soir.
Négociations avec Israël
Le Liban a abandonné le concept d’«interdiction de négocier» avec Israël, a précisé Salam. L’initiative de négociation reste active côté libanais, même si aucun agenda concret n’a encore été fixé. L’objectif des négociations directes est clair: obtenir un cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes du territoire libanais.
«Nous cherchons à former une délégation nationale unifiée pour représenter le Liban dans ces négociations», a déclaré le Premier ministre.
Salam a également dénoncé que les critiques sur la gestion des déplacés par le gouvernement servent principalement à détourner l’attention de la responsabilité du Hezbollah dans le déclenchement du conflit.
La guerre imposée au Liban et le coût du conflit
Le Premier ministre a rappelé que la guerre a été imposée au Liban et n’est pas un choix pour le pays. «Nous aurions souhaité que ceux qui nous ont entraînés dans ce conflit fassent preuve de rationalité avant de prendre de nouveaux risques», a-t-il ajouté, en référence au Hezbollah. Ce n’est pas aux Libanais de venger Khamenei a martelé le chef du gouvernement.
Chaque missile tiré par le Hezbollah (sur les six lancés le 2 mars) a entraîné le déplacement de 10.000 Libanais, a-t-il précisé. Selon lui, ces tirs ont non seulement causé d’importants dégâts matériels, mais ont également mis en cause la crédibilité du gouvernement.
Désarmement et rôle de l’État
Concernant le contrôle des armes, Salam a souligné que le Liban est en retard de plusieurs années dans le processus de désarmement et de consolidation de l’autorité de l’État. Le gouvernement ne reviendra pas sur ses décisions de contrôle des armes, malgré les menaces du Hezbollah. «Le désarmement est aujourd’hui plus urgent que jamais, après le coût humain et matériel de ce que l’on appelle la “guerre de soutien », a-t-il déclaré, ajoutant avoir informé le gouvernement et le chef de l’armée de son refus de céder au chantage du Hezbollah.
Présence iranienne et sécurité régionale
Le Premier ministre a dénoncé la présence du Corps des Gardiens de la Révolution iranien (CGRI) au Liban, qui dirige des opérations militaires et séjourne illégalement sur le territoire libanais. Le CGRI est également responsable du lancement de drones depuis le Liban vers Chypre a déclaré Salam, annonçant que la mise en œuvre de la décision gouvernementale visant à expulser le CGRI est en cours.
Solidarité nationale et diplomatie
Salam a rappelé qu’une grande partie des déplacés bénéficie des programmes d’aide gouvernementaux, que la majorité des Libanais soutiennent les décisions du gouvernement, et que l’État reste le seul refuge pour tous les citoyens, indépendamment de leurs affiliations politiques ou religieuses. «Les critiques sur la gestion des déplacés par le gouvernement cherchent surtout à détourner l’attention de la responsabilité du Hezbollah» a poursuivi le chef du gouvernement.
Il a souligné que le Liban a condamné lors d’un récent sommet à Riyad les cellules du Hezbollah actives dans d’autres pays arabes, refusant que le Liban soit utilisé comme plateforme pour nuire à ces pays.



Commentaires