Les Français ont commencé à voter dimanche au deuxième tour des élections municipales, un scrutin qui s'annonce indécis dans de nombreuses grandes villes dont Paris, Marseille, Lyon ou Toulouse, sur fond de division de la gauche et de poussée de l'extrême droite.
La majorité des électeurs ont déjà désigné leur conseil municipal dimanche 15 mars. Le second tour concerne un peu plus de 1.500 communes, dont la plupart des grandes villes.
Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (07H00 GMT) et fermeront entre 18H00 et 20H00 (17H00 à 19H00 GMT) selon les cas. Les premiers résultats sont attendus à partir de 20H00 (19H00 GMT).
Les listes ayant atteint 10% des voix au premier tour pouvaient se maintenir, mais l'entre-deux-tours a été marqué par une succession d'alliances, mariages de raison, fusions, désistements et excommunications, rendant les pronostics difficiles.
Les reports de voix donneront une idée des rapports de force à un an de la présidentielle de 2027. La gauche est divisée mais s'entend souvent au niveau local, la droite résiste mais craint d'être phagocytée par une extrême droite qui progresse, et le centre-droit du président Emmanuel Macron, affaibli, vire de plus en plus à droite.
Triangulaire parisienne
À Paris, la candidate de droite, l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati - officiellement soutenue par le centre et bénéficiant du retrait d'une liste d'extrême droite - affronte le socialiste Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche aux affaires dans la capitale depuis 25 ans. M. Grégoire est arrivé assez largement en tête au premier tour, mais l'Insoumise Sophia Chikirou (gauche radicale) s'est maintenue, ce qui rend la triangulaire plus incertaine.
À Marseille (sud), le sortant de gauche Benoît Payan a en revanche bénéficié du désistement des Insoumis et part avec une longueur d'avance sur Franck Allisio, le candidat du Rassemblement national (RN, extrême droite) qui le talonnait au premier tour.
Dans de nombreuses villes comme Nantes (ouest), les socialistes ont souvent accepté le ralliement des Insoumis, pour ne pas être battus par la droite dans leurs bastions. A Toulouse (sud-ouest), ils se sont rangés derrière les Insoumis, arrivés en tête au premier tour.
La campagne a portant été émaillée d'invectives entre Insoumis et socialistes, ces derniers s'étant refusés à tout accord national.
Toujours dans les grandes villes, les Insoumis visent aussi Roubaix (nord), après avoir gagné Saint-Denis (région parisienne) dès le premier tour.
L'un des matches les plus serrés a lieu à Lyon (centre-est), troisième ville de France: le sortant écologiste Grégory Doucet y est au coude-à-coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais - le grand club de football local - Jean-Michel Aulas, classé à droite.
Du côté de la droite modérée, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe en ballottage favorable au Havre (ouest). Il a fait de sa réélection à la mairie un préalable à une candidature à la présidentielle française de 2027.
Le Rassemblement national, devenu le premier parti de France aux législatives de 2024 et dont la progression se confirme désormais au niveau local, convoite Toulon (sud), Nîmes (sud) et Carcassonne (sud), après avoir conservé dès le premier tour la plupart des villes qu'il contrôlait déjà - notamment Perpignan (sud).
Surtout, il compte sur son allié Eric Ciotti, favori à Nice (sud-est), pour incarner la stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, que son président Jordan Bardella tente d'imposer pour la présidentielle.
Après une campagne rocambolesque, ce scrutin symbolise les fractures de la droite face à la montée de l'extrême droite, le patron des Républicains Bruno Retailleau ayant refusé de soutenir le sortant Christian Estrosi (Horizon, le parti d'Edouard Philippe) en dépit des accords passés entre états-majors.
AFP



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