Aux municipales, jour de trêve avant un second tour à suspense
Un électeur tient un bulletin de vote lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 dans un bureau de vote à Lille, dans le nord de la France, le 15 mars 2026.  ©Elise Houben / AFP

La campagne des municipales connaît un court répit samedi pour la traditionnelle période de réserve à la veille du second tour, le ballet d'alliances et de désistements ayant dessiné des batailles à suspense dans la plupart des grandes villes.

Les Français ne retourneront pas tous aux urnes. Ce deuxième round n'est organisé que dans près de 1.600 communes et secteurs, soit une fraction des quelque 35.000 que compte le pays.

Comme la semaine passée, les bureaux de vote ouvriront dimanche à 08H00 et fermeront pour la plupart à 18H00, l'heure de clôture étant repoussée à 19H00 ou 20H00 dans certaines grandes villes.

La période de réserve observée à J-1 est censée permettre aux électeurs de se décider, après une semaine d'entre-deux-tours riche en rebondissements.

Notamment à gauche où, malgré leurs invectives, le Parti socialiste et La France insoumise ont finalement trouvé des accords pour tenter d'accroître leurs chances de victoire dans plusieurs villes, notamment à Toulouse, Nantes, Limoges ou Avignon...

Pas à Paris, en revanche, où un duel très serré s'annonce entre la candidate de droite Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche hors LFI.

L'insoumise Sophia Chikirou, qui avait frôlé les 12% au premier tour, a choisi de se maintenir, alors que Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) a fusionné avec Rachida Dati. Mais son ex-colistier, Clément Beaune, a annoncé que sa voix irait à Emmanuel Grégoire.

«Les yeux fermés»

À Bordeaux, c'est le retrait surprise de l'universitaire Philippe Dessertine qui a rebattu les cartes. Son choix dégage la voie au macroniste Thomas Cazenave, même si l'écologiste sortant Pierre Hurmic avait une courte avance au premier tour.

Les écologistes se sont efforcés de garder cette ville, conquise comme d'autres durant la vague verte de 2020. À Lyon, le sortant Grégory Doucet est dans un mouchoir de poche avec Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'OL soutenu par la droite et les macronistes.

Le Rassemblement national, de son côté, garde les yeux sur Toulon, Nîmes, Carcassonne ou même Marseille, où Franck Allisio espère créer la surprise face au sortant de gauche Benoît Payan. Le parti à la flamme, qui comptait sur des alliances avec la droite, n'en a cependant obtenu que très peu.

Nice pourrait lui offrir une victoire indirecte. La ville tranchera entre Éric Ciotti, candidat UDR soutenu par le RN, et le maire sortant Horizons Christian Estrosi, que le patron de LR Bruno Retailleau a refusé de soutenir.

Strasbourg constitue l'un des cas d'union les plus étonnants. L'ancienne ministre Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour, s'est alliée avec un candidat Horizons. Elle fera face à la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian et au LR Jean-Philippe Vetter.

Mais les alliances offriront-elles la victoire? Les électeurs ne vont pas forcément «suivre les yeux fermés» si les ententes ne sont pas de leur goût, note le politologue du CNRS Sébastien Michon.

La participation constitue une autre inconnue pour dimanche. Celle du premier tour était historiquement faible, avec à peine 57%.

Nouveaux conseils

Dans l'immense majorité des communes, les élections ont déjà laissé place à l'installation des nouveaux conseils municipaux.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, élu dès le premier tour à Vernon (Eure), s'est ainsi installé dans son fauteuil de premier adjoint vendredi.

Il renonce à toucher l'indemnité associée à ce mandat tant qu'il sera en fonction au gouvernement.

Bally Bagayoko, premier maire insoumis d'une grande ville, a ceint l'écharpe samedi, à l'issue d'un conseil municipal houleux, où le sortant PS Mathieu Hanotin et ses co-listiers ont été copieusement hués et sifflés.

Côté RN, après Louis Aliot vendredi à Perpignan, Steeve Briois a été a officiellement réélu maire samedi à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen dans le bassin minier du Pas-de-Calais.

À Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le député RN Bryan Masson a officiellement pris la suite du LR Louis Nègre, 79 ans. Très ému, M. Nègre, en poste depuis trente et un ans, a remercié son adversaire de 29 ans pour la «dignité» de sa campagne, avant de lui remettre symboliquement son écharpe tricolore.

De rares localités sortent bredouilles des municipales. Les 68 communes dans lesquelles aucun candidat n'a émergé doivent être placées sous la tutelle d'une délégation spéciale, réunie par le préfet de leur département et chargée d'organiser un nouveau scrutin.

AFP

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