La guerre au Moyen-Orient est entrée dans son 22ᵉ jour samedi, marquée par une intensification des échanges entre l’Iran et Israël, la poursuite des frappes sur plusieurs fronts et des réactions régionales et internationales croissantes.
Israël a déclaré avoir lancé samedi matin des frappes contre des « cibles du régime » à Téhéran, après plusieurs salves de missiles iraniens tirées en direction d’Israël. Selon le Wall Street Journal, l’Iran a également tiré deux missiles balistiques vers la base américano-britannique de Diego Garcia, dans l’océan Indien. Aucun des deux missiles n’a atteint sa cible: l’un a connu une défaillance en vol et l’autre a été intercepté, ont indiqué des responsables américains au journal.
Dans le Golfe, les tensions restent élevées alors que l’Iran continue de viser des bases et des cibles américaines. L’armée koweïtienne a affirmé répondre à des attaques en cours, déclarant sur : «Si des explosions sont entendues, elles résultent de l’interception d’attaques hostiles par le système de défense aérienne.» En Arabie saoudite voisine, plus de 30 drones ont été interceptés et détruits dans la région orientale, selon le ministère de la Défense.
Attaque de drones dans un quartier résidentiel de Bagdad
Une attaque de drones a secoué un quartier résidentiel du centre de la capitale irakienne, a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité sous anonymat.
L'attaque visait «le bâtiment des télécommunications» d'un service de sécurité irakien qui coopère avec les conseillers militaires américains engagés en Irak dans la lutte antijihadiste, a précisé ce responsable. Un second drone, qui filmait l'opération, est tombé sur les terrains d'un club sportif très prisé de la bourgeoisie irakienne et des diplomates, selon cette source.
L'Iran met en garde les EAU à propos d'îles disputées
L'armée iranienne a averti qu'elle prendrait pour cible les Émirats arabes unis si des attaques contre des îles du Golfe contrôlées par l'Iran mais revendiquées par les Émirats étaient lancées depuis leur territoire.
«Nous prévenons les Émirats arabes unis que si de nouvelles agressions sont lancées depuis leur territoire contre les îles iraniennes d'Abou Moussa et de Grande Tumb (...), les puissantes forces armées iraniennes soumettront (l'émirat de) Ras el-Khaïmah, aux Émirats arabes unis, à de violentes frappes», a déclaré le commandement opérationnel de l'armée, Khatam al-Anbiya, dans un communiqué, au sujet des îles situées près de l'entrée du détroit d'Ormuz.
Les frappes se poursuivent au Liban
Au Liban, les frappes israéliennes se sont poursuivies samedi. L’armée israélienne a indiqué avoir ciblé des positions du Hezbollah à Beyrouth, après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs quartiers de la banlieue sud.
Au moins une personne a été tuée et deux autres blessées dans une «frappe lourde» visant une maison dans le district de Bint Jbeil, selon l’Agence nationale d’information libanaise. D’autres frappes ont été signalées dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, ainsi qu’à Naqoura, près de la frontière avec Israël.
Condamnations régionales des frappes en Syrie
Par ailleurs, les frappes israéliennes contre des infrastructures militaires dans le sud de la Syrie, dans la nuit de jeudi à vendredi, ont suscité de vives condamnations. L’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar, la Jordanie et le Koweït ont dénoncé ces attaques.
«Le ministère des Affaires étrangères exprime la condamnation la plus ferme du Royaume d’Arabie saoudite contre l’agression israélienne flagrante visant des infrastructures militaires dans le sud de la République arabe syrienne, en violation flagrante du droit international et de la souveraineté syrienne», a indiqué le ministère saoudien dans un communiqué.
Enjeux pétroliers et manœuvres stratégiques
Dans un contexte d’inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial, l’Iran a signalé sa volonté de contribuer à la stabilité des routes maritimes. Dans une interview à l’agence japonaise Kyodo News, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé que Téhéran est prêt à aider les navires japonais à traverser le détroit d’Ormuz.
Le Japon, cinquième importateur mondial de pétrole, dépend fortement du Moyen-Orient: 95 % de ses importations en proviennent et 70 % transitent par ce passage stratégique, que l’Iran nie avoir fermé.
Dans le même temps, les États-Unis ont autorisé la vente et la livraison de pétrole iranien stocké sur des navires avant le 20 mars, avec des transactions permises jusqu’au 19 avril, dans le but d’atténuer la hausse des prix de l’énergie. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que Washington envisageait un assouplissement limité des sanctions pour faciliter ces ventes. Toutefois, Téhéran affirme ne disposer d’aucun surplus de brut sur les marchés internationaux.
«Actuellement, l’Iran ne dispose d’aucun excédent de pétrole brut, que ce soit en mer ou pour approvisionner les marchés internationaux», a déclaré Saman Ghoddoosi, porte-parole du ministère iranien du Pétrole, ajoutant que les déclarations américaines visent à rassurer les acheteurs.
Les États-Unis envisagent un ajustement de leur stratégie
Sur le plan politique, le président américain Donald Trump a déclaré que Washington envisage de «réduire progressivement» ses opérations militaires au Moyen-Orient contre ce qu’il a qualifié de «régime terroriste iranien».
Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire progressivement nos importants efforts militaires», a écrit M. Trump sur Truth Social, tout en affirmant qu’il ne soutient pas un cessez-le-feu avec l’Iran.
Selon des médias américains, l’envoi de troupes supplémentaires du corps des Marines est à l’étude, ce qui pourrait laisser présager une opération terrestre plus large, malgré l’intention affichée de réduire l’engagement militaire.
AFP
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