L'Otan décide de retirer sa mission en Irak
Le général français de l’Armée de l’air, Stéphane Abrial, salue les drapeaux lors de la cérémonie de passation de commandement en tant que commandant suprême allié Transformation (SACT) de l’OTAN, le 9 septembre 2009, à bord du porte-avions américain USS Eisenhower, à la base navale de Norfolk, en Virginie. ©Joel Saget/AFP

L'Alliance atlantique a décidé de retirer sa mission en Irak, en raison de la guerre au Moyen-Orient, a-t-on appris vendredi de sources concordantes, l'Otan reconnaissant un «ajustement» de son dispositif.

L'Otan est en train d'«ajuster» le dispositif de sa mission en Irak, après l'annonce par des responsables de sécurité à Bagdad d'un retrait temporaire» de cette opération, a indiqué vendredi sa porte-parole Allison Hart.

«Nous pouvons confirmer que nous ajustons notre dispositif dans le cadre de la Mission de l'Otan en Irak (...). La sécurité de notre personnel est primordiale», a-t-elle affirmé dans un communiqué, se refusant à donner plus de détails pour des raisons de «sécurité».

«L'ensemble de la mission s'est retiré» à l'exception d'un contingent restreint, composé de personnels turc et roumain, a affirmé un responsable de la sécurité irakienne. Au moins «45 militaires américains» ont quitté vendredi matin la base irakienne du centre de Bagdad, où se trouve cette mission non combattante de l'Otan, lancée en 2018, selon cette source.

L'Otan s'est toutefois refusée à confirmer si l'ensemble de ses personnels en Irak serait retiré ou seulement une partie, ni pour combien de temps.

La porte-parole de l'Alliance a toutefois indiqué dans son communiqué que le dialogue politique et la coopération pratique entre l'Otan et l'Irak se poursuivront, «notamment par l'intermédiaire de la mission Otan en Irak».

«C'est un retrait temporaire. Ils sont inquiets à cause de la situation», a expliqué un deuxième responsable irakien interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat. «Ils en ont informé le gouvernement et il n'y a aucun différend» avec les autorités irakiennes, a-t-il précisé. Selon une source informée, ils sont relocalisés hors d'Irak.

«La mission se poursuit mais se relocalise», a précisé de son côté une source auprès de l'état-major français. Depuis mai 2025, cette mission de l'Otan est sous le commandement du général français Christophe Hintzy.

«Ils étaient à Bagdad. Décision a été prise de les relocaliser», conformément aux règles de l'Otan concernant les missions non combattantes, selon cette source militaire française. «Il y a moins de pertinence à la maintenir sur place au regard de la menace actuelle», a-t-elle souligné.

La mission OTAN en Irak est une mission non combattante de conseil et de renforcement des capacités militaires et de sécurité irakiennes, lancée en 2018. Selon l'Otan, elle comprend «quelques centaines» de personnels venant de différents pays membres de l'Alliance, mais aussi d'Autriche et d'Australie.

Cette mission de l'Otan a «pour but de contribuer à renforcer les institutions et les forces de sécurité irakiennes afin qu'elles puissent, de manière autonome, empêcher le retour de Daech (Organisation de l'État islamique), combattre le terrorisme et stabiliser le pays», selon le site internet de l'Alliance.

Elle est composée à la fois de «personnels civils et militaires», selon ce site.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, des groupes armés irakiens pro-iraniens lancent des attaques contre la présence américaine, ciblant des bases hébergeant des militaires, les représentations diplomatiques ou des sites pétroliers.

AFP

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