Pékin et Washington «restent en communication» sur une visite de Trump
La Chine a dit rester en contact avec les États-Unis au sujet d'une visite de Donald Trump après la menace de ce dernier de reporter sa venue si Pékin n'aidait pas à débloquer le détroit d'Ormuz. ©Envato

La Chine a dit lundi rester en contact avec les Etats-Unis au sujet d'une visite de Donald Trump après la menace de ce dernier de reporter sa venue si Pékin n'aidait pas à débloquer le détroit d'Ormuz.

Elle a en même temps pressé les États-Unis de cesser leurs «agissements erronés» dans le domaine commercial.

Le commerce est appelé à occuper une place primordiale lors de discussions entre le président Xi Jinping et son homologue américain, anticipées depuis des mois et programmées selon la Maison Blanche du 31 mars au 2 avril.

Mais l'embrasement au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et la crise mondiale qui en résulte sèment l'incertitude quant au déroulé de cet évènement très attendu pour tenter de dissiper durablement les tensions commerciales qui ont marqué 2025 après le retour de M. Trump à la Maison Blanche.

Il a réclamé dimanche l'aide de l'Otan et de la Chine pour rétablir la circulation dans le détroit d'Ormuz. Le président américain a dit vouloir une réponse chinoise avant sa visite, faute de quoi il pourrait la repousser. Il a argué de l'importance du détroit pour la Chine.

Plus de la moitié des importations chinoises de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon la société d'analyse Kpler.

«La Chine et les États-Unis restent en communication au sujet de la visite du président Trump en Chine», a dit lors d'un point presse régulier un porte-parole des Affaires étrangères, Lin Jian.

Il s'est gardé de s'exprimer sur les pressions exercées par M. Trump pour que la Chine aide, avec d'autres, à débloquer le détroit.

La Chine a exprimé sa colère face aux frappes américaines et israéliennes en Iran. Elle a aussi critiqué les frappes iraniennes contre les États du Golfe.

Elle a réitéré lundi son appel à un arrêt des hostilités.

«La Chine appelle une nouvelle fois toutes les parties à cesser immédiatement les opérations militaires, à éviter toute nouvelle escalade des tensions et à empêcher les troubles régionaux d'avoir un impact encore plus important sur le développement économique mondial», a dit le porte-parole.

«Acte typique de protectionnisme» 

Les experts jugent improbable que la Chine fasse front face aux États-Unis, a fortiori avant un déplacement de M. Trump. Ils estiment aussi qu'avec ses réserves pétrolières, elle est mieux armée que d'autres face à la crise.

Mais elle a lieu de s'inquiéter des conséquences de la situation au Moyen-Orient sur le commerce. Les indicateurs économiques de janvier-février (avant la guerre au Moyen-Orient donc), y compris ceux publiés lundi, la montrent sur une trajectoire relativement positive et confirment l'importance pour elle du commerce international.

L'année 2025 a été marquée par l'âpre bataille livrée aux États-Unis, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. MM. Xi et Trump se sont entendus sur une trêve en octobre en Corée du Sud.

La visite annoncée de M. Trump, aux objectifs encore peu clairs, est censée prolonger l'effort de décrispation.

Les représentants chinois et américains ont tenu un sixième round de négociations commerciales, aux résultats inconnus, ce week-end à Paris.

Le ministère chinois du Commerce a évoqué ces discussions dans un communiqué protestant contre des enquêtes commerciales américaines annoncées peu avant leur tenue.

Ces investigations visent la Chine parmi des dizaines d'autres pays. Elles ont pour objet, selon l'administration américaine, de vérifier d'éventuels manquements à la lutte contre le travail forcé. Elles sont susceptibles de déboucher sur de nouveaux droits de douane.

Ces enquêtes sont un acte «totalement unilatéral, arbitraire et discriminatoire, elles constituent un acte typique de protectionnisme», dit le ministère chinois.

«La partie chinoise a déjà protesté auprès de la partie américaine. Nous exhortons la partie américaine à corriger immédiatement ses agissements erronés» et à «résoudre les différends par le dialogue et la négociation», dit-il.

M. Trump a revendiqué dimanche avoir le «droit absolu» de réinstaurer des droits de douane, après que ses surtaxes douanières eurent été retoquées par la Cour suprême.

 

AFP

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