La Corée du Nord lance une dizaine de missiles balistiques
Tensions en Asie : Pyongyang lance plusieurs missiles balistiques depuis la région de Sunan vers la mer du Japon, d’après l’armée sud-coréenne. ©OLIVIER FENIET / AFPTV / AFP

La Corée du Nord a tiré samedi une dizaine de missiles balistiques en direction de la mer du Japon, selon Séoul qui mène cette semaine avec Washington des exercices militaires annuels que Pyongyang avait fustigés.

La puissante soeur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo Jong, avait alerté mardi sur les «conséquences terribles et inimaginables» que pourraient avoir ces exercices militaires conjoints lancés lundi et qui doivent mobiliser jusqu'au 19 mars environ 18.000 soldats sud-coréens et un nombre pour l'heure inconnu de soldats américains.

Les forces armées de Séoul ont détectés samedi «environ dix missiles balistiques non identifiés lancés depuis la région de Sunan en Corée du Nord en direction de la mer de l'Est vers 13H20» (04H20 GMT), a déclaré l'État-major interarmées (JCS) de Corée du Sud dans un communiqué, faisant référence au nom coréen de la mer du Japon.

Juste avant, le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué que la Corée du Nord avait tiré au moins un «projectile non identifié» en direction de la mer du Japon.

Le ministère japonais de la Défense a également confirmé un tir, indiquant sur son compte X officiel qu'«un missile balistique présumé a été lancé depuis la Corée du Nord».

Pyongyang a récemment douché les espoirs de détente diplomatique avec Séoul, dont Washington est un allié essentiel en matière de sécurité, en décrivant ses derniers efforts de paix comme une «maladroite farce trompeuse».

L'annonce des tirs est intervenue quelques heures après que le Premier ministre sud-coréen Kim Min-seok, en visite aux États-Unis, a rapporté à la presse que le président américain Donald Trump estimait qu'une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un serait «une bonne chose».

«Une bonne chose» 

Washington mène depuis des décennies des efforts visant à démanteler le programme nucléaire nord-coréen, mais sommets, sanctions et pressions diplomatiques ont eu peu d'effet.

Ces derniers mois, l'administration Trump a cherché à relancer les discussions de haut niveau avec Pyongyang, envisageant un possible sommet avec Kim Jong Un cette année, potentiellement lors de la visite de M. Trump à Pékin fin mars-début avril.

Kim Min-seok, qui a rencontré Donald Trump à Washington vendredi, a déclaré que le président américain lui avait dit: «Une rencontre (avec Kim Jong Un) serait une bonne chose. C'est vraiment bien de se rencontrer. Mais cela pourrait se produire lorsque nous irons en Chine cette fois-ci, ou peut-être pas, ou encore plus tard, n'est-ce pas ?»

Lors d'un voyage en Asie en octobre, Donald Trump a assuré qu'il était «100%» ouvert à une rencontre avec Kim Jong Un.

Après avoir ignoré pendant des mois ces signes d'ouverture, le dirigeant nord-coréen a déclaré fin février que les deux pays pourraient «bien s'entendre» si Washington acceptait le statut de puissance nucléaire de Pyongyang.

Kim Jong Un avait dans le même temps sèchement repoussé les avances de Séoul et de son président Lee Jae Myung, qui oeuvre depuis son investiture en juin 2025 à la reprise du dialogue bilatéral.

La Corée du Nord «n'a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes», avait ainsi tranché Kim Jong Un fin février.

Pyongyang et Séoul n'ont pas signé officiellement de traité de paix à l'issue du conflit de 1950-1953.

AFP

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