Moyen-Orient: 77 navires ont traversé Ormuz depuis le début de la guerre
Un bateau s’approche du porte-conteneurs Marsa Victory battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis, alors qu’il navigue dans les eaux du détroit d’Ormuz au large de Khasab, dans la péninsule de Musandam au nord d’Oman. ©Giuseppe Cacace / AFP

Quelque 77 navires ont effectué la traversée du détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, essentiellement des bateaux appartenant à la «flotte fantôme», a rapporté vendredi la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.

«Nous avons enregistré 77 transits» depuis le début du mois via le détroit, que les Gardiens de la Révolution iraniens veulent maintenir fermé, a affirmé vendredi Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence.

Entre le 1ᵉʳ et le 11 mars 2025, 1.229 passages avaient été enregistrés dans le détroit, souligne à titre de comparaison cette société de données rattachée à la revue maritime spécialisée Lloyd's List.

Situé entre le golfe et le golfe d'Oman, ce bras de mer est particulièrement stratégique pour l'exportation des hydrocarbures des pays du Golfe: un cinquième de la production mondiale de pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent.

Téhéran cible le détroit d'Ormuz en représailles aux frappes israélo-américaines afin de le rendre impraticable, une stratégie qui vise à nuire à l'économie mondiale pour faire pression sur Washington.

Depuis le 1ᵉʳ mars, 20 navires commerciaux, dont 9 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents dans la région, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. L'Organisation maritime internationale (OMI) confirme de son côté 16 incidents, dont huit impliquant des pétroliers.

D'après Mme Diakun, «plus de la moitié des pétroliers et des méthaniers qui transitent par Ormuz, font partie de la flotte fantôme».

Selon la définition de l'OMI, la flotte fantôme désigne l'ensemble des navires qui «se livrent à des activités illégales dans le but de contourner des sanctions, de se soustraire au respect des réglementations en matière de sécurité ou d'environnement, d'échapper aux coûts d'assurance ou de se livrer à d'autres activités illégales».

Ces «navires sont vraiment habitués aux perturbations», donc plus susceptibles de tenter le passage, souligne l'analyste, pour qui l'Iran, qui possède une importante flotte fantôme, «continue d'exporter».

La société de données maritime précise que les passages via Ormuz ont jusqu'à présent été essentiellement réalisés par des navires affiliés à l'Iran (26%), à la Grèce (13%) et à la Chine (12%).

L'AFP a de son côté dénombré une quarantaine de bateaux ayant traversé le détroit d'Ormuz depuis le début du conflit, en retenant uniquement ceux qui avaient gardé activé leur transpondeur AIS, le système d'identification automatique.

AFP

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