Le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran à Beyrouth, Toufic Samadi, a été convoqué au ministère libanais des Affaires étrangères, à la demande du chef de la diplomatie Youssef Rajji, à la suite de déclarations de la mission iranienne au Liban et du représentant de Téhéran auprès de l’ONU concernant une récente frappe israélienne dans la capitale.
Reçu vendredi par le secrétaire général du ministère, l’ambassadeur Abdel Sattar Issa, le diplomate iranien a été confronté à plusieurs interrogations.
Beyrouth conteste notamment les affirmations selon lesquelles quatre Iraniens tués lors d’une frappe israélienne contre l’hôtel Ramada, à Raouché dans la nuit du 7 mars, disposaient d’un statut diplomatique et se trouvaient au Liban avec l’accord du ministère des Affaires étrangères. Le ministère dément catégoriquement ces affirmations.
Cette frappe israélienne, menée de nuit contre l’établissement hôtelier situé sur le front de mer de Beyrouth, avait été revendiquée par l’armée israélienne, qui affirme avoir tué quatre membres des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ainsi qu’un membre du Hezbollah.
De son côté, la mission iranienne auprès de l’ONU a accusé Israël d’avoir «assassiné» quatre diplomates iraniens en poste au Liban. Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, elle a dénoncé «un acte terroriste grave et une violation sérieuse du droit international». La lettre mentionne les noms et fonctions des personnes concernés: Majid Hassani Kondsar (deuxième secrétaire de l’ambassade d’Iran au Liban), Alireza Bi-Azar (troisième secrétaire), Hossein Ahmadlou (attaché) et Ahmad Rasouli (détaché).
Lors d’un point de presse au siège de l’ONU à New York, le 10 mars, l’ambassadeur iranien Amir Saeid Iravani a accusé le Conseil de sécurité de «fermer les yeux» sur ce qu’il a qualifié de «crime de guerre».
Lors de la convocation au ministère libanais, le secrétaire général Abdel Sattar Issa a également évoqué plusieurs exemples de non-respect, par l’Iran, des décisions du gouvernement libanais, citant notamment un communiqué des Gardiens de la Révolution évoquant des opérations conjointes avec le Hezbollah.
Une note officielle écrite a par ailleurs été remise au chargé d’affaires iranien, dans laquelle le Liban rejette catégoriquement toute ingérence dans ses affaires intérieures. Beyrouth y réaffirme son attachement au respect du droit international et au principe de non-ingérence, tout en soulignant que ses relations avec Téhéran doivent reposer sur l’égalité et la réciprocité.
Cette convocation intervient dans un contexte de tensions croissantes liées à la guerre en cours entre Israël et l’Iran et à ses répercussions sur le Liban.



Commentaires