Irak: deux pétroliers attaqués, neuf combattants pro-iraniens tués
Cette capture d’écran tirée d’une vidéo provenant d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le 12 mars 2026 montre deux pétroliers en feu au large des côtes de l’Irak. ©Various Sources / AFP

Une attaque contre deux pétroliers au large de l'Irak a fait un mort, un membre d'équipage indien, l'Iran multipliant les frappes pour perturber l'approvisionnement mondial en brut en représailles aux bombardements israélo-américains.

Des frappes aériennes contre une base d'un groupe pro-iranien, inscrit sur la liste des organisations «terroristes» aux États-Unis, ont par ailleurs tué au moins neuf personnes.

L'Irak, pays riche en pétrole et longtemps théâtre de guerre par procuration entre les États-Unis et l'Iran, avait déclaré ne pas vouloir être entraîné dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient, avant d'y être aspiré à son tour et de se retrouver sous les feux des deux camps.

L'Iran a revendiqué l'une des attaques contre les pétroliers, survenue mercredi soir, à quelque 50 kilomètres des côtes irakiennes.

Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir frappé le Safesea, battant pavillon des Îles Marshall, qu'ils disent être la propriété des États-Unis, après que le navire a «ignoré les avertissements et alertes».

Plus de 50 membres d'équipage ont été secourus, selon le directeur de l'autorité portuaire, Farhan al-Fartousi.

Selon la compagnie publique de commercialisation du pétrole irakien (Somo), l'autre bateau ciblé est le pétrolier maltais Zefyros.

Cette attaque est intervenue quelques heures seulement après un nouvel avertissement de l'ambassade américaine à Bagdad au sujet de possibles attaques planifiées par l'Iran ou ses alliés contre «des infrastructures pétrolières et énergétiques appartenant aux États-Unis en Irak».

Engagé dans une stratégie visant à infliger un maximum de dégâts à l'économie mondiale, l'Iran a quasiment paralysé la circulation dans le détroit d'Ormuz.

Depuis ce blocage, la production et les exportations de brut de l'Irak, dont les ventes de pétrole brut représentent 90% des recettes budgétaires, se sont effondrées.

«Semer la confusion»

Touché par la riposte iranienne, l'Irak est également la cible ces derniers jours de frappes aériennes imputées à Washington et Israël.

Les autorités ont dénoncé jeudi de nouvelles «attaques flagrantes» sur des positions du Hachd al-Chaabi, une coalition d'anciens paramilitaires désormais intégrée aux forces régulières irakiennes et englobant des groupes pro-iraniens.

C'est le groupe Ansar Allah al-Awfiya, classé groupe «terroriste» par Washington, qui a été visé cette fois, d'après deux responsables de sécurité au sein du gouvernement.

«La base a été détruite et les équipes de secours arrivées sur place ont également été prises pour cible», a déclaré l'un d'eux.

Le Hachd, qui a rappelé dans un communiqué être «une composante essentielle de l'appareil sécuritaire irakien», a accusé les États-Unis d'être derrière les bombardements, assurant que ces sites «ne jouaient aucun rôle dans les attaques menées contre des bases américaines en Irak ou ailleurs».

Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a défendu ces combattants, estimant qu'ils «menaient à bien leur devoir (...) dans le cadre des missions de nos forces de sécurité».

«C'est une tentative désespérée de semer la confusion» et d'affaiblir les forces de sécurité irakiennes, a fustigé le dirigeant.

AFP

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