L'armée israélienne a continué mercredi de pilonner la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et a visé un quartier densément peuplé du cœur de la capitale libanaise, au dixième jour d'une guerre qui a fait plus de 600 morts et des centaines de milliers de déplacés.
Le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale contre Téhéran lorsque le Hezbollah pro-iranien a lancé une attaque sur Israël, qui depuis mène une vaste campagne de frappes aériennes.
Toute la journée, l'aviation israélienne a lancé frappe après frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, dont une grande partie des habitants ont fui.
À l'aube, une frappe ciblée a touché le quartier d'Aïcha Bakkar à Beyrouth, où les septième et huitième étages d'un immeuble ont été dévastés, a constaté l'AFP.
«Nous nous sommes réveillés en état de panique (...) je courais dans la maison comme un fou, en cherchant mes trois enfants», raconte à l'AFP, Mohammad, propriétaire d'un entrepôt de produits alimentaires qui habite dans un immeuble mitoyen.
Le quartier est en ce moment inondé de déplacés, souligne-t-il : «au lieu d'abriter une famille, chaque appartement en abrite désormais dix».
Selon le ministère de la Santé, quatre personnes ont été blessées.
«Tout ce que nous voulons, c'est vivre en paix», lance une femme en pleurs, dont le cousin a été blessé dans l'attaque.
Plusieurs heures après la frappe, des habitants étaient toujours en pyjama au bas de leur immeuble touché, dans la rue couverte de décombres, située à proximité du siège de la plus haute instance de la communauté musulmane sunnite, Dar al-Fatwa.
«Je venais de fermer mon café et j'étais monté à la maison», dit à l'AFP Fawzi Asmar, les soirées se prolongeant en ce mois du Ramadan.
«Il y a eu une première frappe, j'ai couru dire à ma femme et mes enfants qu'il fallait s'abriter derrière un mur, et la deuxième frappe a eu lieu».
Dimanche déjà, une attaque avait visé le cœur de Beyrouth, où les déplacés de la banlieue sud et du sud du pays ont afflué.
Un hôtel du front de mer avait été visé. L'Iran a accusé Israël d'avoir «assassiné» quatre de ses diplomates en poste au Liban lors de cette frappe. Israël soutient avoir visé des Gardiens de la révolution iraniens qui encadrent le Hezbollah.
«Fidélité»
Dans la banlieue sud de Beyrouth, un correspondant de l'AFP a vu des bâtiments détruits, certains encore en feu, et des immeubles avoisinants sévèrement endommagés par les frappes.
Selon un nouveau bilan des autorités mercredi, 634 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, et plus de 800.000 personnes déplacées, dont plus de 120.000 hébergées dans des centres d'accueil.
Dans la plaine de la Békaa, dans l'est du Liban, une frappe sur une maison où se trouvaient des réfugiés syriens a fait sept morts mercredi, selon les autorités.
Dans le sud, les frappes israéliennes sur deux localités dans la région de Tyr ont fait au total 12 morts et cinq blessés, selon le ministère de la Santé.
Toujours à Tyr, un secouriste de la Croix-Rouge libanaise a succombé mercredi à ses blessures reçues deux jours auparavant, lorsque «l'ennemi israélien a visé son ambulance», selon le ministère de la Santé.
La mort du secouriste, auquel ses camarades ont rendu un émouvant hommage lors de ses funérailles mercredi, porte à 15 le nombre de morts parmi le personnel médical depuis le début de la guerre, selon les autorités.
Près de la frontière avec Israël dans le sud du Liban, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes de Khiam et d'Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué.
Elle a également revendiqué mercredi des tirs de missiles sur le territoire israélien.
Le Hezbollah avait tiré pour la première fois le 2 mars sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Mercredi, le chef de la formation pro-iranienne Naïm Qassem a adressé un message à son fils, qui lui a succédé, l'assurant de sa «fidélité».
AFP



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