Écoles libanaises et reprise de l'enseignement: le ministère adopte une approche au cas par cas 
Les bancs attendent les élèves tandis que le ministère met en place des solutions flexibles. ©Al-Markazia

Le ministère de l’Éducation a publié, lundi, une série de mesures que les écoles publiques et privées sont appelées à adopter face à la conjoncture exceptionnelle que traverse le pays. Ces dispositions visent à garantir la continuité de l’enseignement malgré les perturbations causées par la guerre en cours, les déplacements massifs de familles et la fermeture temporaire de certains établissements scolaires.

Certaines écoles publiques ont été transformées en centres d’hébergement, tandis que d’autres ont dû suspendre leur activité, rendant l’organisation des cours particulièrement complexe.

Selon le communiqué publié dans la matinée, et en ce qui concerne les établissements privés, chaque direction doit suivre en permanence la situation sécuritaire et décider du mode d’enseignement le plus approprié — présentiel, à distance ou hybride — en concertation avec les parents, afin d’assurer la sécurité des élèves et du personnel, à compter du mardi 10 mars 2026.

Les écoles doivent également proposer des solutions d’enseignement à distance pour les élèves déplacés ou empêchés de se rendre en classe, afin de garantir la continuité de leur apprentissage. De manière temporaire et exceptionnelle, les établissements privés sont autorisés à adopter la modalité éducative la plus adaptée à leur situation et à celle de leurs élèves, jusqu’au retour à la normale et à de nouvelles directives ministérielles.

Pour les écoles publiques, l’enseignement se fera principalement à distance dans les semaines à venir, compte tenu du fait que de nombreux établissements accueillent actuellement des déplacés. Pour les écoles et instituts dont le fonctionnement reste possible malgré la guerre et les déplacements, une transition progressive vers l’enseignement à distance sera mise en place, incluant une phase préparatoire et un suivi quotidien jusqu’à l’organisation complète des cours.

Dans les zones où l’enseignement ne peut pas reprendre normalement, les écoles restent responsables de leurs élèves et de leur personnel. Les directions éducatives, avec le ministère, assureront un suivi spécifique et fourniront des ressources pédagogiques adaptées afin de maintenir le lien avec l’école et compenser le retard accumulé.

Une approche adaptée à la diversité des situations

Le ministère de l’Éducation rappelle que la situation des élèves est très inégale: certains, déplacés, ont perdu toute stabilité temporaire ; d’autres restent dans leurs zones mais subissent les effets psychologiques et sociaux de la guerre ; d’autres encore peuvent poursuivre leur scolarité dans des régions relativement stables. Par ailleurs, certains élèves suivent des programmes étrangers soumis à des échéances académiques et à des examens internationaux dont les dates ne peuvent être modifiées localement.

Cette période coïncide également avec la saison des fêtes, dont la durée varie selon les régions et les établissements, accentuant les différences dans l’accès à l’éducation. Le ministère souligne que «l’équité éducative ne se réalise pas par une approche uniforme, mais par des mesures adaptées à chaque situation, afin de garantir le droit de chaque élève à l’apprentissage et la continuité de son parcours éducatif».

Il insiste également sur le rôle fondamental de l’école dans ces circonstances: au-delà de l’enseignement académique, l’école constitue un espace de soutien psychologique et social qui aide les élèves à retrouver une partie de leur vie normale et de leur routine quotidienne. Le ministère assure un suivi quotidien de l’évolution de la situation éducative et sécuritaire, communiquera de nouvelles directives en fonction du contexte, et invite tous les établissements à collaborer pleinement afin de gérer efficacement cette période exceptionnelle.

Des mesures sont également étudiées pour protéger les droits des enseignants, en particulier les contractuels, pendant cette crise, peut-on également lire dans le communiqué.

 

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