Macron a parlé à Trump et l'Iranien Pezeshkian avant de se rendre à Chypre
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours aux côtés du sous-marin nucléaire lanceur d’engins Le Téméraire (S617) lors de sa visite à la base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue à Crozon, dans le nord-ouest de la France, le 2 mars 2026. ©Yoan Vvalat / AFP

Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec son homologue américain Donald Trump et avec le président iranien Massoud Pezeshkian, à qui il a demandé de cesser les frappes contre les pays du Golfe, avant de se rendre lundi à Chypre, en Méditerranée orientale, où les Européens renforcent leurs moyens.

Le président français est le premier dirigeant occidental à avoir échangé avec le président iranien depuis le déclenchement de l'offensive israélo-américaine en Iran le 28 février et la riposte iranienne dans toute la région.

«J'ai souligné la nécessité que l'Iran cesse immédiatement ses frappes contre les pays de la région», a-t-il insisté sur X.

De son côté, le président Pezeshkian a affirmé lors de cet entretien que toutes les actions de l'Iran s'inscrivent dans le cadre de la légitime défense, selon la présidence iranienne.

Il a mis en garde contre toute action d'autres parties, y compris la France, qu'elle soit offensive ou défensive, «visant à soutenir les agresseurs de (son) pays», estimant qu'une telle intervention équivaudrait à «une participation à la guerre».

«De telles actions ne feront que compliquer et aggraver la situation dans la région. Le peuple, le gouvernement et les forces armées de l'Iran sont déterminés à défendre le pays et le système», a-t-il prévenu, selon la présidence.

M. Pezeshkian avait lui-même affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

Opération Aspides 

Mais les attaques sur ces pays se sont poursuivies dimanche, alors que Mojtaba Khamenei était désigné pour succéder comme guide suprême de l'Iran à son père Ali Khamenei, tué dès le premier jour de la guerre.

Des réservoirs de carburants «vitaux» ont notamment été visés à l'aéroport du Koweït. La France, liée par un accord de défense avec ce pays, a déployé des «moyens défensifs» pour le soutenir, a rappelé Emmanuel Macron à l'issue d'un échange avec l'émir du Koweït.

«L'Iran doit également garantir la liberté de navigation en mettant fin à la fermeture de fait du détroit d'Ormuz», a martelé Emmanuel Macron.

Les Gardiens de la Révolution iraniens bloquent de facto ce passage stratégique.

Aucune précision n'a été donnée dans l'immédiat sur l'entretien avec Donald Trump, après celui de mercredi où le président français l'avait «alerté» sur la «situation au Liban», rattrapé de plein fouet par la guerre en Iran.

Les Américains disposent d'importants moyens militaires dans la zone du détroit d'Ormuz.

Face aux menaces en mer Rouge, accès au canal de Suez qui représente 13% du trafic maritime mondial, les Européens renforcent de leur côté leur mission militaire, Aspides, visant à assurer la liberté de navigation. Cette opération organise des convois de navires encadrés par des bâtiments militaires.

Le président français a déjà annoncé l'envoi au large de Chypre, pays membre de l'UE où une base britannique a été touchée par un drone, de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.

Plus largement, la France a dépêché dans la région d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, attendu dans les prochains jours en Méditerranée orientale, et un porte-hélicoptères. Mais elle insiste sur sa posture «strictement défensive».

Flottille en Méditerranée 

Lundi à Chypre, Emmanuel Macron va «témoigner la solidarité de la France» et discuter du renforcement de la «sécurité autour de Chypre et en Méditerranée orientale».

Il rencontrera à Paphos le président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. La France, l'Italie, qui a aussi dépêché une frégate, et la Grèce coordonnent leurs moyens militaires dans la région.

L'Espagne a également annoncé l'envoi à Chypre d'une frégate qui accompagnera le porte-avions français Charles de Gaulle et des bâtiments de la marine grecque.

A cours de ce bref déplacement, les trois dirigeants vont «coordonner leurs efforts pour assurer la sécurité des ressortissants européens dans la région et accompagner les opérations de rapatriement», a également précisé l'Elysée.

Emmanuel Macron a aussi annoncé «l'envoi immédiat» d'une aide humanitaire au Liban, où plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes massives sur des bastions du Hezbollah pro-iranien.

Le président français, qui a multiplié les échanges avec les dirigeants de la région, a évoqué avec cheikh Tamim ben Hamad al-Thani «le soutien militaire défensif», notamment aérien, de la France au Qatar.

Avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, il a convenu «de l'importance de sécuriser au plus vite le transport maritime en Mer Rouge».

Les deux hommes ont aussi appelé à ne «pas ralentir les efforts pour mettre en œuvre la seconde phase du plan de paix du Président Trump» à Gaza et réclamé «la réouverture totale du point de passage de Rafah, vitale pour l'acheminement de l'aide humanitaire».

AFP

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