Chypre: Healey en visite, l’Espagne renforce la défense
Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth (au centre à gauche) et le secrétaire britannique à la Défense John Healey réagissent lors de leur rencontre, à la veille d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN au siège de l'alliance à Bruxelles, le 12 février 2025. ©Johanna Geron / POOL / AFP

Le ministre britannique de la Défense John Healey est arrivé jeudi à Chypre pour évoquer le «renforcement» des défenses aériennes et apaiser le mécontentement du gouvernement de l'île, quatre jours après qu'un drone a frappé une base britannique locale, en plein conflit au Moyen-Orient.

«L'amitié de longue date entre le Royaume-Uni et la République de Chypre reste solide face aux menaces iraniennes», a indiqué le ministre dans un message sur X, accompagné d'une photo de lui et de son homologue chypriote Vasilis Palmas.

Il a ajouté avoir évoqué avec lui «le renforcement de nos défenses aériennes par le Royaume-Uni afin de garantir notre sécurité commune».

Cette visite intervient alors que le gouvernement travailliste britannique est critiqué par les autorités chypriotes et par l'opposition conservatrice pour avoir tardé à déployer des renforts pour protéger ses deux bases sur l'île.

Outre la frappe de drone qui a touché la piste de la base d'Akrotiri dans la nuit de dimanche à lundi, deux autres drones qui visaient aussi cette même base aérienne ont été interceptés lundi.

Une source gouvernementale chypriote avait indiqué lundi soir que le drone parvenu sur la base avait été tiré depuis le Liban «probablement» par la milice pro-iranienne du Hezbollah.

Le ministre Healey a simplement confirmé que le drone, de type Shahed, «n'avait pas été tiré depuis l'Iran».

Dans une interview mercredi soir à la BBC, l'ambassadeur de Chypre au Royaume-Uni, Kyriacos Kouros, s'est dit «déçu» par le peu d'informations partagées avec la population chypriote après ces tirs de drones.

Il a appelé les autorités britanniques à «coopérer plus» avec les autorités locales, pour s'assurer que «de tels incidents ne se reproduisent pas».

Selon John Healey, qui faisait sur X un point des moyens déployés, des Typhoon et F-35 de la Royal Air Force participent à la protection de la région.

Des hélicoptères Wildcat, armés de missiles Martlet, sont eux attendus à Chypre «dans les prochains jours», a-t-il ajouté.

En revanche, le destroyer britannique HMS Dragon, dont le Premier ministre Keir Starmer avait annoncé l'envoi mardi, ne pourra prendre la mer depuis Portsmouth (sud de l'Angleterre) que «la semaine prochaine» et devrait mettre plusieurs jours ensuite pour rejoindre la Méditerranée orientale, a indiqué mercredi un responsable occidental sous couvert d'anonymat.

«Le seul navire que nous envoyons, le HMS Dragon, est toujours à Portsmouth (sud de l'Angleterre, ndlr). Ce n'est pas suffisant», a déploré mercredi la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch en interpellant Keir Starmer au Parlement.

La Turquie s'est elle aussi retrouvée prise malgré elle dans le conflit, après l'interception d'un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers son espace aérien.

Selon un responsable turc, la cible était vraisemblablement une base militaire de Chypre.

Jeudi, l'Espagne a annoncé l'envoi à Chypre pour des missions de «protection» d'une frégate, qui accompagnera le porte-avions français Charles de Gaulle et d'autres bâtiments de la marine grecque, après qu'une base militaire britannique sur cette île a été atteinte par un drone.

L'Italie, a elle aussi, indiqué jeudi l'envoi de moyens navals pour défendre Chypre, avec l'Espagne, la France et les Pays-Bas.

AFP

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