Des installations pétrolières ont été visées par des drones mardi à Oman et aux Émirats arabes unis, ont indiqué les autorités, tandis que le Qatar a suspendu la fabrication de certains produits transformés, au quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient.
L'Iran mène des attaques contre les pays pétroliers et gaziers du Golfe depuis samedi en riposte à l'attaque israélo-américaine qui a notamment causé la mort de l'ayatollah Ali Khamenei.
Après avoir interrompu lundi sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) à cause d'une attaque iranienne contre ses installations, la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé mardi suspendre la fabrication de certains produits, notamment les polymères, le méthanol, ou encore l'aluminium.
Plus tôt dans la journée, Oman avait fait état d'une attaque de drones contre des réservoirs de carburant au port commercial de Duqm, dont l'un a été touché.
«Les dégâts qui en ont résulté ont été maîtrisés» et aucune victime n'a été recensée, a indiqué l'agence de presse omanaise, en citant une source de sécurité.
Un drone s'est également écrasé près du port de Salalah, dans le sud du pays, sans faire de victimes ni de dégâts, tandis que deux autres ont été abattus.
Oman n'a pas été épargné par les frappes iraniennes malgré son rôle de médiateur dans les pourparlers menés entre les États-Unis et l'Iran avant le début de la guerre.
Le port de Duqm avait déjà subi une attaque de drones dimanche qui a blessé un travailleur, tandis qu'une personne a été tuée lundi dans l'attaque d'un pétrolier au large de la capitale Mascate.
800 drones et 200 missiles
Aux Émirats arabes unis voisins, l’interception d’un drone a provoqué une chute de débris qui a déclenché un incendie dans la zone industrielle pétrolière de Fujairah (FOIZ).
Cette zone abrite la plus grande capacité de stockage commercial du Moyen-Orient pour les produits pétroliers raffinés, selon son site internet.
«Aucun blessé n’a été signalé, l’incendie a été maîtrisé et les opérations normales dans la zone ont repris», ont affirmé les autorités.
Depuis samedi, les Emirats arabes unis ont été visé par plus de 800 drones et près de 200 missiles, a indiqué le ministère émirati de la Défense.
Au Qatar, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a affirmé mardi que son pays avait déjoué plusieurs attaques contre l'aéroport de Doha.
Le Qatar n'est plus en contact avec l'Iran depuis le début des frappes, a-t-il souligné.
Juste après l'annonce par QatarEnergy de l'arrêt de sa production d'aluminium, le cours du métal argenté montait à la Bourse des métaux de Londres (LME), prenant plus de 2% à 3.263,50 dollars la tonne, à rebours de la tendance générale sur les autres métaux industriels, plombés par la chute des valeurs boursières.
«Dans les métaux de base, les tensions au Moyen-Orient remettent au premier plan les risques pesant sur l’approvisionnement en aluminium, étant donné qu’environ 8% de la production mondiale est concentrée dans le Golfe et dépend fortement du transport maritime par le détroit d’Ormuz», selon les analystes d'ING.
La veille, la décision de QatarEnergy d'interrompre sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) avait provoqué une flambée du prix du gaz européen.
Lundi, le géant pétrolier saoudien Aramco avait également annoncé la suspension de certaines opérations dans l'une des plus grandes raffineries du royaume, celle de Ras Tanura, suite à une attaque de drone sur le site.
AFP



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