L’Union européenne va renforcer sa mission militaire en mer Rouge avec deux navires français supplémentaires, a indiqué dimanche soir un diplomate européen, alors que l’embrasement régional menace le trafic maritime.
Ces bâtiments viendront dans les prochains jours appuyer l’opération Aspides, qui compte actuellement trois navires de guerre, dont déjà un français, selon cette source.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran et les représailles de Téhéran. La perspective d’un conflit régional élargi fait peser des risques sur les grandes routes maritimes, notamment le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole, ainsi que la mer Rouge menant au canal de Suez.
Parallèlement, les dirigeants allemand, français et britannique ont affirmé dimanche être prêts à des «actions défensives nécessaires et proportionnées» face aux ripostes iraniennes afin de «détruire à la source» les capacités militaires de Téhéran.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré dimanche avoir accepté d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour mener des frappes «défensives» visant à détruire des missiles iraniens et leurs lanceurs.
Dans une allocution vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il a toutefois précisé: «Nous n’avons pas été impliqués dans les frappes initiales contre l’Iran et nous ne participerons pas à une action offensive à ce stade.»
«Mais l’Iran poursuit une stratégie de la terre brûlée, donc nous soutenons la légitime défense collective de nos alliés et de nos ressortissants dans la région», a-t-il ajouté.
Keir Starmer a insisté: «Notre décision de ne pas être impliqués dans les frappes contre l’Iran était délibérée, notamment parce que nous pensons que la meilleure voie pour la région et pour le monde est un règlement négocié.»
Un communiqué distinct publié sur le site du gouvernement britannique a détaillé la position juridique de Londres.
Dans une déclaration commune, le groupe E3 a averti qu’il prendrait des mesures pour défendre ses intérêts et ceux de ses alliés dans la région, y compris pour empêcher la République islamique de lancer missiles et drones.
Téhéran a répliqué à l’offensive américaine et israélienne lancée samedi par des frappes contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, ainsi qu’Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.
Les dirigeants européens se sont dits «consternés» par ces attaques «à l’aveugle et disproportionnées», estimant qu’elles menacent leur personnel militaire et leurs civils dans toute la région. Berlin, Paris et Londres doivent discuter de leurs mesures défensives avec Washington et leurs partenaires régionaux.
De son côté, Washington a fait état dimanche des premiers soldats américains tués depuis le début de l’opération qui a conduit à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
L’Iran, lui, affirme ne se fixer «aucune limite» dans son droit à se défendre. «Ce que font les États-Unis est un acte d’agression. Ce que nous faisons, c’est nous défendre. C’est très différent», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la chaîne ABC.
AFP



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