Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies des ripostes de Téhéran, provoquent une onde de choc dans le transport aérien mondial. Des milliers de vols ont été annulés depuis samedi et des centaines de milliers de passagers se retrouvent bloqués, du Golfe à l’Asie, en passant par l’Europe et l’Australie.
Espaces aériens fermés et hubs paralysés
Selon l’agence AP, une large partie du Moyen-Orient a été fermée au trafic aérien après les attaques. Les espaces aériens d’Israël, des Émirats arabes unis et du Qatar ont notamment été suspendus, tout comme certaines zones en Syrie. Les grands hubs régionaux, dont l’aéroport international de Dubaï, l’un des plus fréquentés au monde, ont cessé leurs opérations, désorganisant les correspondances entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie.
D’après la société d’analyse aéronautique Cirium, citée par CNBC, environ 3.000 vols ont été annulés depuis le début de l’escalade. En France, Franceinfo évoque près de 1 700 vols annulés à destination du Moyen-Orient, soit plus de 20% du trafic habituel dans la zone.
Dimanche, les plateformes de suivi en temps réel comme Flightradar24 montraient un ciel quasi vide au-dessus de plusieurs pays de la région, les compagnies préférant contourner la zone.
Des passagers bloqués aux quatre coins du monde
À Dubaï, Doha ou Abou Dhabi, des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués dans les aéroports ou contraints de prolonger leur séjour à l’hôtel. Des scènes similaires ont été signalées jusqu’en Australie, au Brésil ou aux Maldives, selon CNBC.
L’agence AP rapporte que certains gouvernements ont conseillé à leurs ressortissants de rester à l’abri dans l’attente d’une réouverture de l’espace aérien. Au Bangladesh, des passagers en partance pour le Golfe ont exprimé leur inquiétude face à l’incertitude, notamment ceux qui voyagent pour des raisons professionnelles.
Compagnies aériennes en ordre dispersé
Les grandes compagnies internationales ont multiplié les annonces de suspensions temporaires.
En France, Air France a prolongé l’annulation de ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu’à Dimanche inclus, précisant que ses clients peuvent reporter ou annuler leur voyage sans frais, selon Franceinfo. Plusieurs aéroports français, dont Paris-Charles-de-Gaulle, Orly, Nice ou Lyon, sont concernés.
Le groupe allemand Lufthansa a suspendu ses dessertes vers Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu’au 7 mars. La compagnie Swiss a étendu la suspension de ses vols vers Dubaï et Tel-Aviv, tandis que Finnair et Wizz Air ont également interrompu plusieurs liaisons vers le Golfe et Israël.
Au Royaume-Uni, le Foreign Office a déconseillé tout déplacement non essentiel vers plusieurs pays du Golfe, rapporte la BBC, tandis que British Airways a annulé plusieurs liaisons vers Tel-Aviv et Bahreïn.
Une reprise incertaine
La date de reprise du trafic reste floue. Les compagnies devront repositionner leurs appareils dispersés dans le monde avant d’assurer les rotations normales. Selon CNBC, des vols supplémentaires pourraient être programmés une fois les espaces aériens rouverts afin de rapatrier les passagers bloqués.
La question des assurances se pose également: les polices classiques ne couvrent généralement pas les événements déjà en cours au moment de la réservation, sauf souscription d’options spécifiques dites «annulation pour toute raison», souligne CNBC.
Un choc comparable à la crise du Covid
Pour de nombreux observateurs, il s’agit de la plus forte perturbation du trafic aérien mondial depuis la pandémie de Covid-19. Entre fermetures d’espaces aériens, frappes directes à proximité d’aéroports et craintes d’une escalade régionale, le secteur aérien fait face à une crise majeure dont l’issue dépendra de l’évolution militaire et diplomatique dans les prochains jours.



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