Mort d’Abdolrahim Mousavi, figure de la ligne dure du régime iranien
Cette photo diffusée par le bureau de l’armée iranienne le 13 janvier 2025 montre le ministre iranien de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh (à droite), en conversation avec le commandant en chef de l’armée iranienne, le général Abdolrahim Mousavi. ©Iranian Army Office / AFP

Le nom du général Abdolrahim Mousavi vient s’ajouter à la longue liste de personnalités de haut rang éliminées dans le cadre de l’offensive menée, depuis samedi, par les États-Unis et Israël, contre le régime iranien. De qui s’agit-il ?

Abdolrahim Mousavi était le chef d’état-major des forces armées de la République islamique d’Iran, poste qu’il occupait depuis juin 2025, après la mort de son prédécesseur dans des frappes israéliennes. Sa disparition, annoncée par l’armée israélienne et confirmée par Téhéran, marque la perte d’un des gradés les plus influents de l’appareil militaire iranien.

Né à Qom, ville religieuse et stratégique du centre de l’Iran, Mousavi s’est engagé dans l’armée dès 1979, au lendemain de la révolution islamique. Il a servi pendant la guerre qui a opposé l’Iran à l’Irak dans les années 80, notamment dans des unités d’artillerie sur différents fronts, expérience qui lui a valu une réputation de militaire aguerri.

Au fil de sa carrière, il a occupé des postes de plus en plus importants au sein des forces terrestres, puis des forces armées iraniennes dans leur ensemble. Il a été commandant en chef des forces terrestres de l’armée de la République islamique, et ce de 2017 jusqu’à sa nomination au poste clé de chef d’état-major des forces armées. Avant cela, il avait également servi comme chef d’état-major adjoint et vice-chef d’état-major, cumulant des responsabilités de planification, d’opérations et de coordination stratégique.

Le 13 juin 2025, le Guide suprême, Ali Khamenei, l’a officiellement nommé chef d’état-major des forces armées suite à la mort en service de son prédécesseur, soulignant son expérience et ses longues années de service au sein des forces régulières. Cette nomination était perçue comme un signal institutionnel fort, Mousavi devenant l’une des têtes militaires les plus importantes du pays à un moment de tensions extrêmes dans la région.

Outre son rôle opérationnel, Mousavi a également été sanctionné par des pays occidentaux pour son implication dans la répression des manifestations internes — notamment celles de 2019 et de 2022 — où les forces sous son commandement ont été accusées d’avoir violé les droits humains.

Dans ses rares déclarations publiques, il avait adopté une rhétorique belliciste et de défense ferme contre les pressions étrangères, affirmant la nécessité pour l’Iran de maintenir une capacité de dissuasion forte face aux États-Unis et à leurs alliés.

La mort d’Abdolrahim Mousavi ne relève pas seulement d’un épisode militaire supplémentaire. Elle marque l’élimination d’un haut responsable qui, pendant des années, a incarné la ligne dure du pouvoir iranien, tant sur le plan régional qu’intérieur. À la tête de l’état-major, il participait à une stratégie assumée de confrontation et à un appareil sécuritaire largement répressif. Sa disparition intervient ainsi dans un contexte où le régime paie le prix de ses choix stratégiques.

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