Frappes sur l'Iran: la diaspora attentive et pleine d'espoir
Des centaines de manifestants participent à une manifestation de l’opposition iranienne et brandissent un drapeau portant le portrait de l’ancien prince héritier et aujourd’hui figure clé de l’opposition, Reza Pahlavi, le 14 février 2026 sur le site de la foire de Theresienwiese à Munich, dans le sud de l’Allemagne, en marge de la 62ᵉ Conférence sur la sécurité de Munich (MSC). ©Michaela Stache / AFP

Dans le cœur de la nuit, ils guettent les informations en provenance de leur pays, l'Iran. Attentifs et pleins d'espoirs, les Iraniens de Turquie se tiennent prêts à célébrer la fin du pouvoir en place à Téhéran.

«Tout le monde espère et se réjouit», assure Ali, réalisateur iranien quadragénaire installé à Istanbul qui, comme tous ses compatriotes contactés samedi par l'AFP, tait son patronyme.

La Turquie, pays majoritairement sunnite, partage 550 km de frontière et trois points de passage avec son grand voisin chiite, dont elle accueille officiellement plus de 74.200 citoyens détenteurs de permis de séjour et 5.000 réfugiés.

«Les Iraniens comptaient les minutes jusqu'à ce que les Américains viennent abattre le régime» reprend Ali. «Et maintenant, c'est ce que les États-Unis et Israël sont en train de faire!» dit-il en célébrant une «opération humanitaire».

«Ne pas agir, c'est n'accorder aucun prix à la vie humaine et préférer soutenir un gouvernement terroriste», assène-t-il.

Comme son amie Sepideh, Ali est un fervent soutien de Reza Pahlavi, le fils du Shah d'Iran déchu, dont ils espèrent qu'il pourra conduire la transition.

«Je suis heureuse et inquiète», confie Sepideh, ancienne enseignante qui bénéficie d'un statut de réfugiée en Turquie. «J'ai réussi à joindre des amis ce matin, mais depuis internet a été coupé en Iran».

«Chaque Iranien est prêt! dès que Reza Pahlavi en donnera l'ordre nous rentrerons, nous ne resterons pas une minute de plus à l'étranger», affirme encore Amir Hossein «Nous rentrerons construire un Iran grandiose», ajoute le chanteur originaire de Téhéran.

«Redescendre dans les rues»

Mehdi, jeune ingénieur de Tabriz (ouest de l'Iran) en exil avec son épouse, et d'origine azérie a pu joindre sa famille la nuit dernière: «Ils s'attendaient à une guerre et ont stocké des vivres et de l'essence pour gagner la campagne».

«Nous n'avons pas voulu la guerre, c'est le régime brutal des mollahs qui nous a mis dans cette situation», dit-il en soulignant qu'il ne soutient «ni Israël ni Trump», le président américain, ni le retour de Reza Pahlavi. «Des jours difficiles s'annoncent» prédit-il «Mais nous survivrons».

Pour tous, cette guerre qui s'engage est l'occasion de venger la mort et les arrestations de dizaines de milliers de manifestants, principalement des jeunes, lors de la grande vague de contestation en janvier, réprimée dans le sang.

Pour Nina, un trentenaire de Tabriz en Turquie depuis quatre ans, «si nous n’arrivons pas à renverser le régime maintenant, il y aura encore une fois des massacres». Cependant, si les puissances étrangères peuvent déstabiliser et affaiblir le régime, elles ne peuvent pas le renverser: «c'est le peuple iranien qui en a le pouvoir» souligne-t-elle en espérant que les frappes vont encourager les Iraniens. «Ensuite, le peuple devra retourner dans les rues«».

Reza, 39 ans, n'approuve pas non plus la guerre. «Mais nous préférons ça plutôt qu’ils (le pouvoir, ndlr) tuent nos enfants». Lui aussi espère que les frappes engagées samedi inciteront les Iraniens à redescendre dans les rues, pas comme la guerre de douze jours en juin dernier.

«C’est tellement différent, le régime va changer. La dernière fois, les gens ne s’en préoccupaient pas vraiment, ils étaient passifs. Mais cette fois, ils attendaient Trump et Israël pour les aider. ils sont terriblement en colère. 40.000 personnes sont mortes et attendent, comme un loup, une occasion de se venger» insiste-t-il, se disant convaincu que cette fois, «les Américains et Israël vont terminer le travail».

AFP

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