Les États-Unis et Israël ont annoncé samedi avoir lancé des frappes sur l'Iran, après des semaines de menaces d'intervention militaire et en dépit de négociations ouvertes.
Voici les principaux développements des dernières heures.
Une armada américaine
Donald Trump a annoncé samedi que les États-Unis avaient lancé des «opérations de combat majeures» contre l'Iran et a appelé le peuple iranien à «s'emparer» du pouvoir. dans un message vidéo diffusé sur sa plateforme Truth Social.
«Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles», a-t-il assuré, et «réduire à néant leur marine».
Au peuple iranien, le dirigeant républicain a lancé: «L'heure de votre liberté est à portée de main».«Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir».
À l'intention des Américains, il a averti que «de courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes».
Le Pentagone a nommé l'opération «Fureur épique».
La présence à quelques centaines de kilomètres des côtes iraniennes du porte-avions USS Abraham-Lincoln, qui embarque près de 80 appareils, met à portée de tir sa dizaine d'avions furtifs F-35 ainsi que ses chasseurs F-18.
Les trois destroyers qui l'escortent lui fournissent une formidable capacité de défense contre des attaques de missiles ou d'avions ennemis.
Ils peuvent également lancer des frappes contre des cibles terrestres grâce à leurs missiles Tomahawk. Chacun de ces destroyers peut embarquer 96 missiles de tous types.
Le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, croise en Méditerranée, après que Donald Trump a ordonné son déploiement dans la région mi-février. Il serait à l'ouest du port israélien de Haïfa.
Israël en «état d'urgence spéciale»
Avant les messages du président américain, le ministère de la Défense israélien avait annoncé avoir lancé une «frappe préventive» afin «d'éliminer les menaces pesant sur l'État d'Israël».
Selon le ministère, «une attaque de missiles et de drones contre l'État d'Israël et sa population civile est attendue dans un avenir immédiat», et un «état d'urgence spécial et immédiat» est instauré dans tout le pays.
Des fortes explosions ont été entendues à Jérusalem peu après des sirènes d'alerte antiaérienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP.
L'armée israélienne avait annoncé un peu plus tôt avoir détecté des tirs de missiles d'Iran.
La mairie de Jérusalem a annoncé que tous les abris publics de la ville étaient ouverts et que les écoles, lieux de travail et de rassemblement resteraient fermés jusqu'à 18H00 GMT lundi.
L'Iran sous le feu
Les frappes menacent à la fois la population civile iranienne, les forces de sécurité et les cadres du pouvoir de la république islamique.
Le guide suprême a été visé, selon la TV publique israélienne.
«Aux membres des Gardiens de la révolution islamique, aux forces armées, et à toute la police, je dis aujourd'hui que vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine», a menacé Donald Trump.
L'armée israélienne a appelé la population proche d'installations militaires «dans tout le pays» à évacuer.
Deux fortes détonations ont été entendues à Téhéran par des journalistes de l'AFP, quelques temps après que deux panaches d'une épaisse fumée ont commencé à s'élever dans le centre et l'est de la capitale iranienne.
D'après l'agence de presse Isna, le quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei et la présidence, situés dans le centre de Téhéran, ont été visés.
Des ambulances ont été envoyées dans le centre de Téhéran après l'explosion, et les hôpitaux sont en état d'alerte, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Hossein Kermanpour, cité par l'agence officielle Irna.
Des explosions ont également touché la grande ville d'Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj situé à l'ouest de Téhéran ainsi que Kermanshah (ouest), selon l'agence de presse Fars.
La région emportée
Plusieurs pays de la région sont emportés dans le conflit.
Des habitants d'Abou Dhabi ont indiqué à l'AFP avoir entendu de fortes explosions dans la capitale émiratie, qui abrite une base accueillant du personnel américain.
Un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine à Bahreïn a été touché par une «attaque de missile», ont annoncé samedi les autorités du pays.
Doha était pour sa part en alerte mais «la situation à l'intérieur de l'État du Qatar est stable et sûre», a indiqué le ministère de l'Intérieur de l'émirat.
Peu avant le début des frappes sur l'Iran, Israël a annoncé avoir visé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.
L'ambassade des États-Unis à Amman a demandé à son personnel et à ses ressortissants présents en Jordanie de se confiner, après que les sirènes d'alerte ont retenti dans la capitale.
Le transport régional paralysé
L'Iran, comme Israël, le Qatar et l'Irak, ont fermé samedi leur espace aérien. La Syrie a quant à elle fermé partiellement son espace aérien, tandis que les compagnies aériennes internationales suspendaient leurs vols les unes après les autres.
Air France a annulé ses vols à destination et en provenance de Tel-Aviv et de Beyrouth et «communiquera ultérieurement» sur son programme de vol des prochains jours.
La compagnie allemande Lufthansa a annulé ses vols vers Dubaï, Beyrouth et Oman.
Swiss a annoncé suspendre ses vols de et vers Tel-Aviv jusqu'au 7 mars ainsi que ceux prévus samedi et dimanche entre Zurich et Dubaï.
Turkish Airlines a annoncé suspendre ses vols vers dix pays du Moyen-Orient, certains pour la journée, d'autres jusqu'au 2 mars.
Air India annonce suspendre tous ses vols vers le Moyen-Orient.
AFP



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