Discussions Kiev-Washington: Moscou dit n’avoir «aucune échéance» pour mettre fin à la guerre
Le négociateur en chef ukrainien Rustem Umerov arrive à un hôtel avant de nouvelles discussions avec les envoyés américains le 26 février 2026, quelques heures après que la Russie ait lancé une nouvelle salve de missiles et de drones sur son voisin pendant la nuit. ©Photo by FABRICE COFFRINI / AFP

Les émissaires ukrainiens et américains ont entamé jeudi des discussions à Genève pour préparer de nouvelles rencontres trilatérales avec la Russie, Moscou ayant souligné pour sa part n’avoir «aucune échéance» pour mettre fin à la guerre.

«Après les réunions d’aujourd’hui, les préparatifs pour la prochaine réunion trilatérale sont déjà plus avancés. Très probablement, la prochaine rencontre aura lieu aux Émirats, plus précisément à Abou Dhabi. Nous nous attendons à ce que cette réunion ait lieu début mars», a commenté le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son allocution quotidienne du soir.

Le négociateur ukrainien Roustem Oumerov a confirmé la tenue d’une rencontre bilatérale avec Steve Witkoff et Jared Kushner. En plus du volet économique de l’après-guerre en Ukraine, Kiev et Washington devaient «discuter des préparatifs pour le prochain cycle de négociations», a-t-il indiqué sur X, affirmant qu’il est «nécessaire que nous synchronisions nos positions avant cette étape».

Des journalistes de l’AFP l’ont vu arriver dans un hôtel de Genève, ville déjà hôte à la mi-février d’un cycle de pourparlers entre Ukrainiens et Russes sous médiation américaine, qui n’a débouché sur aucun résultat tangible outre un nouvel échange de prisonniers.

Le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, a de son côté affirmé jeudi que la Russie n’avait «aucune échéance» pour mettre fin au conflit en Ukraine.

«Est-ce que vous nous avez entendu dire quoi que ce soit à propos d’échéances ? (…) Nous n’avons aucune échéance, nous avons que des tâches (…). Nous sommes en train de les accomplir», a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse publique TASS.

Le rendez-vous en Suisse a été précédé par une nouvelle nuit d’attaques russes en Ukraine.

Discussions trilatérales début mars 

Moscou a tiré quelque 420 drones et 39 missiles sur son voisin pendant la nuit, faisant des dizaines de blessés, dont des enfants, et endommageant des infrastructures et des immeubles résidentiels dans huit régions, a annoncé sur X Volodymyr Zelensky.

À Kiev, les journalistes de l’AFP ont entendu des explosions en pleine nuit pendant l’attaque russe.

Peu avant ces discussions en Suisse, la Russie a par ailleurs annoncé avoir remis un millier de dépouilles de soldats ukrainiens à Kiev, contre les corps de 35 combattants russes.

Le président Zelensky a affirmé début février que Moscou aurait proposé à Washington une reprise de la coopération économique et des accords de coopération pour des centaines de milliards de dollars.

Pression américaine sur Kiev 

Washington fait pression pour mettre fin à la guerre, pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés, des millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger et des destructions massives notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine.

Mais selon Kiev et ses soutiens européens, l’administration de Donald Trump réclame plus de concessions de la part de l’Ukraine que de Moscou en vue de mettre fin aux hostilités.

«On ne peut pas exercer — je l’ai dit — plus de pression sur nous que sur les Russes, car ce sont eux les agresseurs», a ainsi déclaré le président Zelensky dans un entretien accordé à l’AFP vendredi.

Le président ukrainien souhaite aussi une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine et Donald Trump pour résoudre les points clés des pourparlers, ce à quoi le dirigeant russe s’est jusqu’à présent refusé.

Les négociations bloquent notamment sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes abandonnent les zones qu’elles y contrôlent, ce que Kiev refuse.

Marquant mardi les quatre ans du début de l’invasion russe de l’Ukraine, M. Zelensky s’est félicité que Vladimir Poutine n’ait «pas atteint ses objectifs» de guerre ni «brisé les Ukrainiens» malgré les combats à haute intensité et les bombardements quotidiens du pays par Moscou.

 

Par Nico GARCIA avec Daria ANDRIIEVSKA à Kiev, AFP

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