À Genève, des exigences américaines qui crispent l’Iran
L'envoyé spécial américain Steve Witkoff arrive à son hôtel lors d'un nouveau cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire iranien, à Genève, le 26 février 2026. ©Fabrice Coffrini / AFP

Les négociations entre les États-Unis et l'Iran sur le dossier nucléaire sont entrées jeudi dans une phase décisive à Genève, avec une délégation américaine mandatée pour présenter des exigences que Téhéran considère comme difficilement acceptables.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner ont présenté un cadre de négociation particulièrement exigeant, sous la pression conjuguée des faucons de l'administration Trump et des élus républicains au Congrès.

Des exigences sans précédent

D'après le WSJ, Washington exige le démantèlement complet des trois principaux sites nucléaires iraniens : Fordo, Natanz et Ispahan, ainsi que le transfert de l'intégralité de l'uranium enrichi iranien sur le sol américain.

Contrairement au Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) de 2015, dont les restrictions s'éteignaient progressivement dans le temps, les États-Unis insistent sur un accord permanent, sans clause de caducité.

Sur la question de l'enrichissement, la position américaine est celle du zéro absolu, bien qu'une concession limitée soit envisagée : autoriser le maintien du réacteur de recherche de Téhéran, utilisé à des fins médicales. En matière de sanctions, Washington n'offre qu'un allégement minimal, conditionné à une période de conformité prouvée avant tout geste supplémentaire.

Un cadre quasi-impossible pour Téhéran

Ces conditions placent l'Iran dans une position extrêmement difficile. Même en échange d'une levée totale des sanctions – ce que Washington ne propose pas –, certaines des exigences américaines semblent politiquement impossibles à avaler pour le régime. Téhéran avance pourtant des contre-propositions : ramener l'enrichissement à 1,5% contre 60% actuellement, le suspendre pour plusieurs années, ou le confier à un consortium arabo-iranien.

Des discussions qui restent largement hypothétiques, rappelle le WSJ, étant donné que le programme nucléaire iranien a été en grande partie démantelé lors des frappes israélo-américaines de juin dernier.

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