La décision du gouvernement d’augmenter les taxes et les prix des carburants continue de susciter une vague de colère sur la scène libanaise, sur fond de menaces d’escalade populaire et syndicale contre des mesures jugées pénalisantes pour les ménages déjà frappés par la crise économique.
La hausse d’un point de la TVA et l’augmentation de 300.000 livres libanaises du prix du bidon d’essence ont été vivement critiquées par les organisations syndicales, qui dénoncent des taxes indirectes frappant en premier lieu les catégories les plus modestes.
Enseignants contractuels : appel à une « journée de grande colère »
L’Association des enseignants contractuels de l’enseignement public de base a annoncé avoir obtenu la signature de 25 députés en faveur d’une proposition de loi visant à assurer leur titularisation, dont quatre membres de la commission parlementaire de l’Éducation.
L’association, qui dit attendre la position des blocs parlementaires Loyauté à la Résistance et République forte, a appelé les enseignants contractuels à se tenir prêts à descendre dans la rue pour une « grande journée de colère » devant le Parlement, à une date qui sera fixée ultérieurement.
Elle estime que la régularisation de près de 15.000 enseignants contractuels est essentielle pour garantir la continuité de l’école publique, notamment après l’approbation récente du dossier de titularisation d’environ 1.690 professeurs à l’Université libanaise.
Les syndicats dénoncent une « injustice fiscale »
De son côté, le Bureau exécutif de la Fédération nationale des syndicats et des employés au Liban, réuni sous la présidence du syndicaliste Castro Abdallah, a rejeté la logique consistant à « financer les salaires sur le dos des pauvres ».
La fédération réclame notamment :
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un nouveau salaire minimum dans le secteur privé d’au moins 1.000 dollars par mois ;
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l’adoption d’un impôt progressif sur les grandes fortunes et les profits ;
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la récupération des biens publics maritimes et fluviaux occupés illégalement ;
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un renforcement de la collecte fiscale auprès des grandes entreprises ;
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l’élaboration d’un plan économique productif soutenant l’agriculture et l’industrie.
Elle a annoncé la préparation d’un mouvement syndical et populaire élargi et appelé à une réunion nationale de coordination pour unifier les actions.
Les propriétaires de stations-service se défendent
Le syndicat des propriétaires de stations-service a, pour sa part, dénoncé des accusations « infondées » de collusion avec le ministre de l’Énergie concernant la hausse des droits de douane sur les carburants.
Il affirme que ces droits sont intégralement versés au Trésor public et que la décision relève exclusivement du gouvernement. Le syndicat souligne également qu’il réclame depuis des mois une révision équitable de sa commission pour faire face à la hausse des coûts d’exploitation.
La CGTL appelle au dialogue
Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban, Béchara Asmar, a indiqué que la semaine en cours serait « décisive » pour déterminer la suite des actions.
Il a fait état de contacts en cours avec le Premier ministre et le ministre des Finances, sous l’égide du président de la République, tout en avertissant que les choix actuels placent le pays dans une situation « très critique ». La CGTL doit se réunir avec le syndicat des transports afin de coordonner les prochaines étapes.
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