Les États-Unis rejettent «totalement» toute gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle (IA), a déclaré vendredi le chef de la délégation américaine, avant la clôture du sommet sur l'IA à New Delhi en Inde, appelant à faire fi «des obsessions idéologiques sur les risques».
«Comme l’administration Trump l’a désormais affirmé à de nombreuses reprises: nous rejetons totalement la gouvernance mondiale de l’IA», a expliqué Michael Kratsios, conseiller de la Maison Blanche aux sciences et technologies.
«Nous estimons que son développement ne peut pas conduire à un avenir meilleur si elle est soumise à la bureaucratie et un contrôle centralisé», a-t-il précisé.
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a auparavant confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire «du contrôle humain» de l'IA «une réalité technique».
Cet organe consultatif, créé en août, ambitionne d'être l'équivalent pour l'IA des services rendus par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur la question du réchauffement climatique.
Des dizaines de dirigeants, de ministres et de patrons de la tech ont participé au «Sommet pour l'action sur l'IA», le quatrième du genre. La 5ᵉ édition est prévue à Genève en 2027.
Lors de l'édition de l'an dernier à Paris, le vice-président américain JD Vance avait déjà mis en garde contre une «régulation excessive» susceptible de «tuer une industrie en plein essor».
Vendredi, M. Kratsios a estimé que «le débat international sur l’IA (avait) évolué» et fait observer que le nom lui-même du sommet, passé de «sécurité de l'IA» à «impact de l'IA», avait changé.
«C’est clairement une évolution positive», selon ce responsable américain qui estime cependant que «trop de forums internationaux, comme le Dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l’IA, entretiennent une atmosphère générale de peur».
«Nous devons remplacer cette peur par l’espoir», a estimé M. Kratsios.
Pour lui, l'intelligence artificielle a le potentiel de «favoriser l'épanouissement humain et de générer une prospérité sans précédent». Et «les obsessions idéologiques axées sur les risques, comme le climat ou l'équité, sont des prétextes à une gestion bureaucratique et à la centralisation».
«Au nom de la sécurité, elles accroissent le risque que ces outils soient utilisés pour un contrôle tyrannique», a-t-il affirmé.
«Concentrer la politique en matière d’IA sur la sécurité et sur des risques spéculatifs... freine un écosystème concurrentiel, renforce les acteurs en place et isole les pays en développement d'une pleine participation à l'économie de l'IA», a argumenté M. Kratsios.
AFP



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