Tensions Washington–Téhéran: un dispositif militaire prêt, la diplomatie toujours en jeu
Symbole de la projection de puissance américaine: un porte-avions déployé ©KAROLINA A. MARTINEZ / US NAVY / AFP

D’après un article de The Guardian s’appuyant sur plusieurs médias américains, l’armée des États-Unis serait prête à lancer des frappes contre l’Iran dans les prochains jours, même si aucune décision définitive n’a encore été prise par le président américain.

D’après des informations publiées par le New York Times, CBS News et CNN, qui citent des sources anonymes au sein de l’administration, des moyens aériens et navals significatifs ont déjà été positionnés au Moyen-Orient, permettant une opération rapide si le feu vert politique était donné. Toutefois, ces mêmes sources précisent que Donald Trump n’a pas encore tranché sur l’opportunité d’une attaque.

L’agence Reuters, s’appuyant sur un haut responsable américain resté anonyme, évoque un calendrier légèrement différent : lors d’une réunion tenue mercredi dans la «Situation Room» de la Maison-Blanche, les principaux conseillers à la sécurité nationale auraient été informés que l’ensemble du dispositif militaire américain déployé dans la région devrait être pleinement opérationnel d’ici la mi-mars. CBS News souligne d’ailleurs que l’éventualité d’une frappe pourrait dépasser le seul cadre du week-end à venir.

Ces développements interviennent alors que Washington presse Téhéran de conclure un accord sur son programme nucléaire. Selon Reuters, l’Iran devrait soumettre une proposition écrite après les discussions indirectes menées mardi à Genève avec des représentants américains.

Interrogée mercredi sur un éventuel ultimatum fixé à Téhéran, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, n’a pas donné de date précise. Elle a toutefois averti que l’Iran aurait «tout intérêt» à parvenir à un accord avec Donald Trump, réaffirmant que la diplomatie restait l’option privilégiée du président, même si, selon elle, l’administration américaine avait déjà «totalement anéanti» les capacités nucléaires iraniennes lors d’opérations précédentes. Elle a reconnu que les discussions de Genève avaient permis «un léger progrès», tout en admettant que des divergences substantielles subsistaient.

Selon CNN, une source proche du dossier affirme que le président «consacre beaucoup de temps» à cette décision. Le journaliste Barak Ravid, du média Axios, rapporte pour sa part que Donald Trump a rencontré mercredi les deux émissaires en charge des discussions indirectes avec l’Iran: Steve Witkoff et Jared Kushner. Sur une chaîne israélienne, Ravid a indiqué que des sources américaines qualifiaient les pourparlers de Genève avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, d’«insignifiants», tandis que le Pentagone préparerait l’hypothèse d’une offensive conjointe israélo-américaine susceptible de durer plusieurs semaines. Selon ces mêmes sources, l’Iran disposerait jusqu’à la fin du mois de février pour proposer des concessions substantielles.

Sur le plan militaire, CBS News indique que le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln est déjà déployé dans la région. Un second porte-avions, l’USS Gerald Ford, ferait route vers le Moyen-Orient et se trouvait mercredi au large de l’Afrique de l’Ouest, selon des données de suivi maritime citées par plusieurs observateurs en sources ouvertes. Le New York Times évoque également la présence de dizaines d’avions ravitailleurs et de plus de cinquante chasseurs supplémentaires.

Parallèlement, le Pentagone aurait entamé, selon CBS, le redéploiement d’une partie de son personnel hors de certaines zones exposées, afin de réduire les risques en cas de représailles iraniennes. Toujours selon le New York Times, Israël préparerait également ses forces à l’éventualité d’une participation à des frappes coordonnées avec les États-Unis.

La tension est montée d’un cran mardi, lorsque le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a publié sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle montrant le porte-avions USS Gerald Ford coulé, accompagnée d’un message menaçant.

Sur la scène internationale, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a mis en garde, dans un entretien diffusé par la chaîne saoudienne Al-Arabiya, contre les «conséquences négatives» d’une nouvelle frappe américaine contre l’Iran, estimant qu’une escalade reviendrait à «jouer avec le feu».

En juin dernier déjà, les États-Unis avaient visé des installations clés liées à l’enrichissement nucléaire iranien, tandis que l’aviation israélienne frappait plusieurs dizaines de cibles à travers le pays, dont un site de missiles de longue portée à Yazd. Aujourd’hui, la perspective d’une nouvelle confrontation militaire semble plus proche que jamais, même si la décision finale demeure suspendue à la Maison-Blanche.

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