Portée par une nouvelle génération féminine, la 41ᵉ cérémonie des Victoires de la musique a consacré Theodora, quadruple lauréate notamment pour Fashion Designa et son album Mega BBL, ainsi que la Québécoise Charlotte Cardin, récompensée dans le sillage de son titre Feel Good. Le rappeur et chanteur Disiz a, lui, été sacré artiste masculin de l’année, porté par son album On s’en rappellera pas et le duo Melodrama. Une édition marquée par les confirmations, les retours en grâce et la vitalité de la scène francophone.
À peine débarquée dans le paysage musical, Theodora a raflé quatre trophées vendredi soir aux Victoires de la musique en France, qui ont aussi sacré la Québécoise Charlotte Cardin et le renouveau de Disiz, du rap à la chanson.
La «Boss Lady», qui était favorite, a engrangé les prix de meilleure création audiovisuelle pour Fashion Designa (14 millions de vues sur YouTube), révélation féminine, révélation scène et meilleur album avec Mega BBL.
«Je tiens surtout à remercier tous les projets qui sont passés avant moi et qui ont permis à mon projet d'être mieux compris», comme Aya Nakamura ou le rappeur Tiakola», a cité la star de 22 ans au succès fou depuis environ un an.
Avec une large majorité de femmes parmi les nommés, cette 41ᵉ édition a d'abord récompensé, comme artiste féminine de l'année, la chanteuse québécoise Charlotte Cardin, en pleine ascension depuis son tube Feel Good.
«Pour une Québécoise qui vient de s'installer à Paris tout récemment, je ne pouvais pas rêver un meilleur accueil de la part des Français», a lancé la chanteuse de 31 ans sur scène.
De son côté, le rappeur et chanteur Disiz a été désigné artiste masculin, un trophée qui vient sacrer sa résurrection en 2025 avec un nouvel album, On s'en rappellera pas et le duo melodrama avec l'incontournable Theodora.
Déjà récompensé par les Victoires en 2006, dans une catégorie un peu fourre-tout, l'artiste de 47 ans a estimé que ce nouveau prix représentait «un symbole, un jalon de plus qui fait sauter les a priori de la réussite», après avoir connu un parcours en dents de scie.
Indochine, prix spécial
Reflet des tendances qui ont marqué l'année dernière, le palmarès de ces Victoires décline la pop à différentes sauces, version ballade pour la chanteuse belge Helena et son Mauvais garçon (chanson originale soumise au vote du public), version rock pour Sam Sauvage (révélation masculine), ou version électro pour Justice, le duo de la French touch auréolé du prix du meilleur concert.
«Je pense à tous les gens qui ont des rêves aussi. Moi, j'en avais un. Aujourd'hui, il sera à jamais réalisé», a déclaré Sam Sauvage, sur son nuage. Un trophée qui tombe à pic pour le chanteur originaire du nord de la France alors que sort tout juste son premier album, Mesdames, Messieurs!
La cérémonie comptait plusieurs poids lourds déjà récompensés: le groupe pop-rock Feu! Chatterton ou la star internationale Aya Nakamura.
Elle a été rythmée par des prestations en direct, montrant la créativité d'une nouvelle génération d'artistes: l'artiste franco-coréenne Miki et sa troupe d'aventuriers en tenue scout ou le rappeur franco-marocain Ino Casablanca, qui a transplanté l'esprit d'une fête de quartier populaire entre jus de bissap et trompettes.
A contrario, certains artistes avaient enregistré leur séquence à l'avance, comme Orelsan. Le rappeur, en lice avec La Fuite en avant, n'a pas reçu une nouvelle statuette, ce qui l'empêche de figurer parmi les artistes les plus titrés de l'histoire, aux côtés des piliers de la chanson française Alain Bashung et Matthieu Chedid, 13 Victoires chacun.
Absent aussi pour cause de concert à Bruxelles, Indochine, 40 ans de tubes et plus de 13 millions d'albums vendus, a été destinataire d'un prix spécial pour sa tournée record, réunissant plus d'un million de spectateurs. Cette récompense acte au passage un dégel des relations entre la cérémonie et la formation de Nicola Sirkis, qui l'avait qualifiée de «galvaudée».
Tradition oblige, les Victoires ont une fois de plus fait le grand écart entre les générations. La chanteuse grecque francophile Nana Mouskouri, 91 ans, a reçu une Victoire d'honneur pour sa carrière jalonnée de succès, dont Quand tu chantes (1976) qui connaît un regain de popularité avec la série Netflix Cassandra.
Par Fanny LATTACH / AFP



Commentaires