Sommet de New Delhi sur l'IA: beaucoup d'inquiétudes et quelques règles
Sommet mondial de l’IA à New Delhi : emploi, énergie, régulation… le gratin de l’IA se réunit pour anticiper les risques et opportunités. ©ARUN SANKAR / AFP

La capitale indienne New Delhi accueille à partir de lundi le gratin mondial de l'intelligence artificielle (IA) pour un sommet qui doit être consacré à l'impact de cette révolution technologique et aux moyens requis pour les amortir.

Revue des principaux sujets au menu des discussions des 20 chefs d'État et de gouvernement et des milliers de participants attendus jusqu'à vendredi:

Craintes pour l'emploi

L'IA générative menace de chambarder l'ensemble de l'économie telle qu'on la connaît, du développement des logiciels à la création artistique, en passant par le fonctionnement des usines ou le travail juridique.

Réputée pour son industrie du service aux consommateurs et de la logistique informatique, l'Inde risque gros. Les avancées spectaculaires des assistants d'IA ont fait plonger récemment en Bourse le cours des actions des grands noms du secteur.

«L'automatisation, les systèmes intelligents et les processus fondés sur l'utilisation des données prennent déjà le pas sur les tâches routinières ou répétitives, et bouleversent les structures d'emploi traditionnelles», relèvent les organisateurs du sommet de Delhi.

«Si ces évolutions peuvent apporter plus d'efficacité et d'innovation, elles risquent aussi d'affecter des pans entiers de la main-d'œuvre existante», avertissent-ils.

Mauvais robots

Le sommet indien est le 4ᵉ d'une série entamée en 2023 sous le vocable de «sommet de l'IA sur la sécurité». La prévention des risques que fait peser l'IA sur la «vraie vie» est restée une priorité.

Aux États-Unis, les familles d'utilisateurs d'outils d'IA qui se sont suicidés ont accusé l'assistant conversationnel ChatGPT et son fabricant OpenAI d'avoir contribué à leur geste. L'entreprise a assuré faire tous les efforts pour l'éviter.

La firme X d'Elon Musk s'est par ailleurs retrouvée au cœur d'un scandale mondial à cause de son assistant Grok, qui a permis d'inonder les réseaux sociaux d'images de personnes dénudées.

Parmi les autres inquiétudes générées par l'IA, on peut citer la violation des droits d'auteurs et son utilisation massive pour les fraudes en ligne.

Besoins en énergie

Les géants de la «tech» ont investi des centaines de milliards de dollars pour faire pousser aux quatre coins de la planète des centres de données toujours plus gigantesques, et toujours plus énergivores.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que la quantité d'électricité requise pour leur fonctionnement - déjà estimée en 2024 à 1,5% de la consommation mondiale - allait doubler d'ici à 2030.

Cette voracité menace le rythme de la transition vers les énergies renouvelables et les objectifs de réduction des émissions de carbone. Spécialement en Inde, dont les deux tiers de l'électricité consommée sont encore produits par de très polluantes centrales à charbon.

Les quantités d'énergie absorbées par les infrastructures liées à l'IA risquent également de perturber l'approvisionnement des populations, spécialement dans les régions du monde les plus chaudes.

Efforts de régulation

En Corée du Sud, une série de lois ont été votées en janvier pour, entre autres, imposer aux entreprises de mentionner expressément tout recours à l'IA.

D'autres pays lui ont emboîté le pas, malgré l'avertissement lancé par le vice-président américain JD Vance contre toute «régulation excessive» du secteur, synonyme selon lui de péril pour l'innovation.

L'Union européenne a ainsi autorisé l'interdiction de l'IA si elle venait à faire peser des «risques inacceptables» sur la société, notamment en permettant l'identification en temps réel de la population dans l'espace public ou la prévention des risques criminels.

«On va tous mourir»

D'autres menaces semblent plus lointaines, quoique... L'arrivée de l'IA nourrit des peurs existentielles, comme celles de la mise en service d'une machine dont les capacités de réflexion concurrenceraient celles des humains et, même, s'y opposeraient.

Comme l'emblématique ordinateur HAL 9000 dans le film de Stanley Kubrick «2001, L'Odyssée de l'espace».

Récemment, des chercheurs d'OpenAI et de son rival Anthropic ont démissionné pour dénoncer publiquement les implications éthiques de leurs travaux.

Auteur l'an dernier d'un livre dont le titre peut se traduire par «Si tout le monde le construit, on va tous mourir: pourquoi l'IA surhumaine va tous nous tuer», le scientifique Eliezer Yudkowsky a comparé la puissance de l'IA à celle des armes nucléaires.

AFP

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