Le Hezbollah a accepté la démission de Wafiq Safa, chef de l’Unité de liaison et de coordination du parti, ont annoncé vendredi plusieurs médias, dont Reuters.
De son côté, la chaîne Al-Hadath a cité «des sources proches du Hezbollah» affirmant que l’acceptation de cette démission s’inscrivait «dans le cadre d’une restructuration du parti, tant sur la forme que sur le fond, qui sera menée en plusieurs étapes».
Selon ces sources, «le parti a informé Wafiq Safa de la fin de ses fonctions et a exigé que son successeur adopte un ton différent dans les échanges avec l’État et à l’étranger», ajoutant que «l’ancienne expérience du Hezbollah est désormais révolue». Le mouvement aurait ensuite nommé Hussein al-Abdullah pour lui succéder.
Cette démission intervient après des changements opérés dans la structure du parti au début du mois de décembre dernier, qui avaient notamment concerné l’unité de liaison et de coordination. À l’époque, les prérogatives de Wafiq Safa avaient été réduites sans qu’il soit formellement démis de ses fonctions, une mesure interprétée comme une tentative de lui substituer une figure perçue comme moins provocatrice par certains acteurs.
Qui est Wafiq Safa ?
Wafiq Safa dirigeait l’«unité de liaison et de coordination» du Hezbollah, présentée comme le principal canal du parti pour la coordination avec les appareils sécuritaires de l’État et la gestion de dossiers sensibles, allant des relations internes aux contacts extérieurs lorsque nécessaire.
Il est décrit comme faisant partie du «cercle rapproché» de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et comme étant chargé de coordonner les relations du parti avec la «communauté internationale» ainsi qu’avec les services de sécurité libanais.
Nommé en 1987 à la tête de ce qui s’appelait alors le «comité de sécurité», devenu par la suite l’unité de liaison et de coordination, Wafiq Safa a été impliqué dans plusieurs dossiers d’échanges de prisonniers et dans des communications indirectes entre le Hezbollah et Israël par l’intermédiaire de médiateurs. Lors de l’échange de prisonniers de 2008, Reuters l’avait décrit comme le «principal négociateur» du parti sur ce dossier.
Le 9 juillet 2019, le département du Trésor américain a annoncé l’inscription de Wafiq Safa sur sa liste de sanctions, estimant qu’il «agissait pour le compte ou au nom du Hezbollah». Un rapport de Human Rights Watch a indiqué qu’à l’occasion de ces sanctions, les États-Unis lui avaient attribué un rôle dans l’utilisation des ports et des points de passage frontaliers du Liban à des fins de contrebande et dans la facilitation de mouvements liés au Hezbollah.
Le 21 septembre 2021, plusieurs médias libanais lui ont attribué la transmission d’une menace directe au juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, lui déclarant : «nous irons avec vous jusqu’au bout par la voie légale, et si cela ne fonctionne pas, nous vous écarterons».
Le 11 octobre 2024, dans le contexte de la guerre israélienne en cours contre le Liban, Wafiq Safa a survécu à une tentative d’assassinat lors d’une frappe aérienne visant le quartier de Tal‘at al-Nouairi, à Beyrouth.
Enfin, le 25 septembre dernier, il est apparu au Rocher de Raouché lors de la commémoration du «martyre» de Hassan Nasrallah, aux côtés de plusieurs journalistes qui ont proféré des insultes à l’encontre du Premier ministre Nawaf Salam.



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