L’annonce par Donald Trump d’un accord commercial avec l’Inde a été accueillie avec soulagement à New Delhi. Mais à Moscou, le Kremlin affirme n’avoir reçu aucune confirmation d’un arrêt des achats de pétrole russe par l’Inde. Une déclaration qui jette une zone d’ombre sur un accord présenté par Washington comme stratégique, à la fois commercial et géopolitique.
À Moscou, la réaction a été immédiate. Le Kremlin a affirmé ce mardi n’avoir reçu aucune information officielle de l’Inde concernant un éventuel arrêt de ses importations de pétrole russe, après l’annonce par le président américain Donald Trump d’un accord commercial avec New Delhi.
«Jusqu’à présent, nous n’avons entendu aucune déclaration de la part de l’Inde», a déclaré le porte-parole de la présidence russe Dimitri Peskov, lors de son point de presse quotidien à Moscou. Une mise au point qui contraste avec les affirmations des États-Unis.
La veille, Donald Trump avait assuré que le Premier ministre indien Narendra Modi s’était engagé à cesser d’acheter du pétrole russe dans le cadre d’un accord commercial conclu entre les États-Unis et l’Inde. Une annonce présentée comme un tournant majeur liant commerce, énergie et guerre en Ukraine.
Dans un message publié sur Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche affirme que New Delhi achèterait désormais davantage de pétrole à son pays et «potentiellement» au Venezuela, tout en réduisant sa dépendance au brut russe. Selon lui, cette décision contribuerait à «mettre fin à la guerre en Ukraine».
Dans le détail, Donald Trump annonce une baisse des droits de douane américains sur les produits indiens de 25% à 18%, ainsi qu’une suppression totale des barrières tarifaires indiennes sur les marchandises américaines. Il évoque également un engagement de l’Inde à acheter pour plus de 500 milliards de dollars de produits américains, allant de l’énergie aux technologies, en passant par l’agriculture.
Du côté de New Delhi, l’accord a été accueilli comme un répit après des mois de tensions commerciales. La surtaxe imposée par Washington en août dernier, en représailles aux achats indiens de pétrole russe, avait pesé sur plusieurs secteurs exportateurs et sur la roupie. Les marchés financiers ont salué l’annonce et les organisations d’exportateurs parlent d’un soulagement immédiat.
Mais sur le fond, la prudence domine. Le gouvernement indien n’a pas confirmé publiquement les éléments avancés par Donald Trump, notamment sur le pétrole russe. Le ministre indien du Commerce Piyush Goyal a promis de communiquer rapidement les détails de l’accord, sans en dévoiler le contenu précis.
La Russie, de son côté, rappelle l’importance stratégique de l’Inde sur ses exportations énergétiques. Depuis les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, New Delhi est devenue l’un des principaux clients du pétrole russe. En décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine assurait encore être prêt à poursuivre les livraisons «sans interruption».
Historiquement proches, la Russie et l’Inde entretiennent une relation durable, notamment dans le cadre des BRICS et de leur coopération militaire. New Delhi a toujours évité de condamner frontalement Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine, privilégiant une position d’équilibre.
Dans ce contexte, les analystes appellent à la retenue. Sans déclaration conjointe ni calendrier précis, l’annonce américaine est perçue davantage comme un signal politique que comme un accord pleinement finalisé. Et la réaction du Kremlin rappelle que, sur le dossier russe, les annonces de Washington ne suffisent pas à elles seules à redessiner les équilibres énergétiques mondiaux.




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