Iran: plus de 50.000 personnes arrêtées par les autorités
Des manifestants brandissent des drapeaux iraniens d’avant la révolution de 1979 devant l’ambassade d’Iran, en soutien au peuple iranien et au fils du dernier chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, lors d’une manifestation à Nicosie, le 1er février 2026. ©Alex Mita / AFP

Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées en Iran par les autorités, a estimé mardi une ONG, affirmant que la répression se poursuivait dans le pays.

La République islamique a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation, qui a éclaté fin décembre et culminé les 8 et 9 janvier.

Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des «terroristes» agissant pour le compte des États-Unis et d'Israël.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), qui avait fait auparavant état de plus de 42.000 arrestations, a revu mardi son chiffre à la hausse, recensant désormais au moins 50.235 interpellations liées aux manifestations.

Ces arrestations ont visé «un large éventail de citoyens, notamment des étudiants, des écrivains et des enseignants», selon l'organisation établie aux États-Unis, qui ajoute que dans certains cas, elles ont été accompagnées de «perquisitions de domiciles et de confiscation d'effets personnels».

HRANA signale en outre plus de 300 «aveux forcés» retransmis à la télévision.

La semaine dernière, Amnesty International s'était aussi inquiétée de l'arrestation de milliers de personnes, dont des enfants.

Elles courent selon l'ONG «un grave risque de disparition forcée, de torture et autres mauvais traitements, de mort en détention et d'exécutions arbitraires à la suite de procès manifestement inéquitables».

Le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a averti qu'il n'y aurait «aucune indulgence» envers ceux impliqués dans les manifestations. Et le parquet a précisé que certains s'exposaient à des peines passibles de la peine de mort.

Le cinéaste iranien Mehdi Mahmoudian, co-scénariste d'«un simple accident», Palme d'or à Cannes en 2025, a été arrêté dimanche, suspecté d'avoir aidé à rédiger une déclaration critique du pouvoir.

Il a été interpellé avec le leader étudiant Abdollah Momeni et la journaliste et militante des droits des femmes, Vida Rabbani, selon l'agence de presse iranienne Fars.

Le texte, signé par plus d'une douzaine d'autres opposants, compare la répression à un «crime d'État contre l'humanité», explique la fondation de la lauréate du prix Nobel de la Paix, Narges Mohammadi, elle-même en prison depuis le mois de décembre. Elle avait été arrêtée lors d'une manifestation tenue avant la récente vague de protestations.

AFP

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