La région est désormais une poudrière suite aux accusations israéliennes assurant la présence de dépôts d’armes lourdes dans ces zones frontalières. Partant, des menaces quotidiennes de bombardements visent ces entrepôts, disséminés au cœur des quartiers résidentiels, et font craindre des pertes humaines et des destructions massives.
La tension reste vive dans la localité frontalière de Qasr, dans la Békaa, à la frontière avec la Syrie, suite à une opération menée il y a deux jours par des unités de l’armée libanaise. Celles-ci ont perquisitionné le domicile d’un individu recherché dans le secteur de Dallak- Qasr, en vain. Les opérations ont été étendues aux alentours, incluant un centre affilié au Hezbollah, où des armes ont été saisies.
Cette intervention a provoqué une montée des tensions dans la localité. Des partisans du Hezbollah ont rapidement appelé, via des messages WhatsApp, à la mobilisation et au rassemblement pour bloquer la route aux véhicules militaires. Des appels émanant de personnes qualifiées par le Hezbollah d’«habitants» ont suivi, à l’instar des incidents survenus avec la Finul dans le Sud.
Des renforts de l’armée ont été dépêchés sur place et la situation a été contenue, sans pour autant être totalement résolue, selon des habitants du Hermel, proche de Qasr, interrogés par Houna Loubnan.
Ces incidents se répètent périodiquement lors des opérations de l’armée touchant des personnes recherchées. Certains habitants affirment également que l’armée aurait saisi un véhicule militaire appartenant au Hezbollah, envenimant davantage encore la situation.
Entre Qasr et Qousseir
Les localités de Qasr au Liban et Qousseir en Syrie forment deux zones frontalières imbriquées, et sont situées respectivement dans la région du Hermel et la campagne de Homs. Elles se caractérisent par un fort enchevêtrement géographique et social. Qasr est une localité libanaise du Caza du Hermel, dont une partie se trouve au Liban et une autre en territoire Syrien, tandis que Qousseir est une ville syrienne relevant de Homs, située à environ 15 kilomètres de la frontière.
Par le passé, le Hezbollah contrôlait Qousseir dans le cadre de sa participation à la défense du régime de Bachar el-Assad durant la guerre en Syrie. Mais avec l’entrée des forces du président syrien Ahmad el-Chareh, le Hezb s’en est retiré. Sa présence se limite aujourd’hui à la localité libanaise de Qasr, près du Hermel, où il dispose de centres soi-disant agricoles, mais qui serviraient en réalité à des activités militaires et logistiques, à en croire des habitants interrogés par Houna Loubnan.
Ces derniers évoquent également la présence de milliers d’alaouites au Hermel, hébergés par le Hezbollah dans un vaste camp comprenant des habitations, dans un climat de grande opacité. L’accès à ce site, qualifié de «camp», est strictement interdit.
L’armée poursuit néanmoins ses opérations de surveillance, ce qui conduit parfois à des différends dégénérant en affrontements, notamment en raison de la présence de réseaux de contrebande et de pratiques illégales toujours actives. Des heurts surviennent alors entre l’armée, des hommes armés et des clans, dont les affiliations politiques sont bien connues.
Les habitants rappellent un incident similaire survenu récemment dans la localité de Hoch el-Sayyed Ali, où la situation demeure tendue. Ces troubles récurrents affectent la région depuis des années. La localité et les hauteurs du Hermel sont par ailleurs régulièrement visées par des bombardements et des frappes israéliennes en raison de la présence d’éléments du Hezbollah.
Des Gardiens de la révolution iranienne dans le «camp» de Hermel
Selon certains habitants, le camp de Hermel, comme le désigne le Hezbollah, suscite de nombreuses interrogations, notamment en raison de l’interdiction de s’en approcher. Ils rappellent les déclarations antérieures de Ali Sabri Hamadé, qui avait appelé à faire la lumière sur ce camp, suite à des informations faisant état de la présence de combattants du Hezbollah et des Gardiens de la révolution iranienne.
Le Hezbollah décrit le site comme un camp résidentiel pour des réfugiés syriens chiites et alaouites, déplacés de villages proches de Qousseir par crainte de représailles à caractère confessionnel, après la prise de pouvoir du président Ahmed el-Chareh. Il est apparu par la suite que l’établissement du camp avait été pris en charge par la fondation caritative «Tariq el-Iman», sous la supervision du bureau religieux Ali el-Sistani.
Cette situation expose fréquemment la localité aux frappes israéliennes, exposant les habitants du Hermel et des environs à de grands risques. À chaque fois, ils paient le prix fort, à l’instar des populations du Sud et, potentiellement, de celles du nord de la Békaa.
La région est ainsi devenue une poudrière, alimentée par les accusations israéliennes concernant la présence de dépôts d’armes lourdes, assorties de menaces quotidiennes de bombardements susceptibles d’entraîner des pertes civiles et des destructions massives.



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