Le ministre français de l’Intérieur ira en Algérie, mais sous conditions
Un portrait du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, est dévoilé lors d'une manifestation organisée par le Club de presse d'Occitanie et l'organisation de défense des droits humains Reporters sans frontières (RSF) pour réclamer sa libération, à Montpellier, dans le sud de la France, le 29 janvier 2026. ©Photo by GABRIEL BOUYS / AFP

Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé mardi qu’il irait en Algérie mais attendait «une amorce» de réponse d’Alger aux demandes de Paris sur la libération d’un journaliste français, ainsi que sur les reconduites dans leur pays d’Algériens en situation irrégulière en France.

Il était interrogé par la chaîne TF1 sur les déclarations de l’ex-ministre française Ségolène Royal de retour d’Alger, qui le pressait d’y aller alors que la crise s’éternise entre les deux pays.

Précisant que la «mission effectuée» par Mme Royal, présidente de l’Association France-Algérie, n’était «pas pour le compte du gouvernement français», Laurent Nuñez a fait valoir que les conditions pour sa propre visite en Algérie étaient «minimalistes».

La France demande une reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière et la libération du journaliste français Christophe Gleizes.

Arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie, Christophe Gleizes, 36 ans, avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire, puis incarcéré en juin 2025 après sa condamnation à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme», confirmée en appel.

«Il faut y aller, mais c’est évident que quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller», avait critiqué Mme Royal.

Le ministre a répété qu’il fallait que «le flux (des retours) se réamorce». «Il faut qu’il y ait une amorce», a-t-il insisté.

En revanche, il a assuré que «les discussions techniques sécuritaires avaient repris» entre les deux pays.

La crise diplomatique entre les deux pays a éclaté après la reconnaissance, à l’été 2024 par Paris, d’un plan d’autonomie «sous souveraineté marocaine» pour le Sahara occidental. L’Algérie soutient de son côté le mouvement indépendantiste Polisario.

Depuis, une série d’épisodes sont venus entretenir les tensions. Parmi eux, la détention et la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement libéré, celle de Christophe Gleizes, ou encore l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur.

Tout récemment, Alger a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France pour protester contre une émission Complément d’enquête diffusée sur la chaîne publique France 2, estimant que c’était «une véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles».

 

AFP

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