Efforts turcs pour apaiser la tension entre l'Iran et les Etats-Unis
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan (à gauche), et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, tiennent une conférence de presse conjointe à Téhéran le 30 novembre 2025. ©Atta Kenare / AFP

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, doit rencontrer vendredi à Istanbul son homologue turc Hakan Fidan, soucieux d’éviter un embrasement de la région en cas d’attaque américaine, que le président Trump a finalement dit «espérer» éviter.

Pour Téhéran, les menaces des États-Unis, qui soufflent le chaud et le froid, doivent cesser pour laisser une chance à la diplomatie.

«La réussite de toute initiative diplomatique dépend de la bonne volonté des parties concernées et de l’abandon des mouvements et actions belliqueux et menaçants dans la région», a déclaré le président iranien Massoud Pezeshkian à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un échange téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ces déclarations interviennent alors que le ministre des Affaires étrangères iranien est arrivé en Turquie, pays voisin qui veut jouer un rôle de «facilitateur», a dit le président Erdogan à M. Pezeshkian.

M. Araghchi, dont c’est la première visite officielle à l’étranger depuis la vague de protestation en Iran, réprimée dans le sang, doit s’exprimer devant la presse à 13H45 locales (10H45 GMT) au côté de M. Fidan.

Sa venue en Turquie s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l’inscription jeudi par l’Union européenne des Gardiens de la révolution, son bras armé, sur la liste des organisations terroristes.

Donald Trump a déclaré jeudi espérer ne pas avoir à frapper l’Iran, Téhéran menaçant pour sa part de s’en prendre «instantanément» aux bases et porte-avions américains en cas d’attaque.

«Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. (…) Et désormais nous avons un groupe (aéronaval) qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j’espère ne pas devoir utiliser cette force», a déclaré le président américain à Washington.

Sécurité renforcée à la frontière 

La Turquie, membre de l’Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire à ses portes, qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.

Selon la presse turque, le président Recep Tayyip Erdogan pousse de son côté pour l’organisation d’une réunion trilatérale États-Unis/Iran/Turquie.

Par précaution, la Turquie se prépare à «renforcer la sécurité à sa frontière» avec l’Iran, a confié à l’AFP un haut responsable turc.

La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière «mais ce n’est pas suffisant», a-t-il estimé.

Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d’immigrants illégaux en provenance d’Iran et d’Afghanistan notamment mais aussi les trafics de stupéfiants.

Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où l’armée patrouille 24 heures sur 24.

 

Par Fulya OZERKAN à Istanbul, avec Susannah WALDEN à Paris, AFP

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