Budget 2026: Adwan exige monopole des armes et restitution des dépôts
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Lors de la séance de discussion du budget 2026 au Parlement, le député Georges Adwan (Forces libanaises) a recentré son intervention sur deux priorités qu’il juge indissociables de tout redressement financier: le rétablissement de l’autorité exclusive de l’État en matière de sécurité et une feuille de route chiffrée et contraignante pour la restitution des dépôts bancaires.

Estimant que «parler d’économie sans régler la question des armes hors de l’État relève de l’illusion», il a appelé à mettre fin aux «équations dépassées» et aux organisations armées en dehors des institutions officielles, avertissant qu’un tel statu quo exposerait le pays à de nouvelles destructions et bloquerait toute relance économique.

Sur le plan budgétaire, M. Adwan a dénoncé plusieurs «violations constitutionnelles». Il a d’abord pointé l’absence de clôture des comptes, condition qu’il considère indispensable avant tout vote du budget. Il a ensuite mis en garde contre l’ajout de nouvelles dispositions par des députés ou par le gouvernement en dehors du cadre strict fixé par la Constitution, rappelant que le projet de budget forme un tout reflétant la politique générale de l’exécutif et ne peut être modifié comme une loi ordinaire. Il a également insisté sur le caractère exclusivement gouvernemental de l’utilisation de la réserve budgétaire, toute intervention parlementaire directe étant, selon lui, anticonstitutionnelle.

Comparant les recettes actuelles à celles de 2018 (passées d’environ 11,5 à 4,5 milliards de dollars), il a estimé que le pays ne pourra retrouver son niveau de services qu’en combinant stabilité sécuritaire et réformes structurelles.

Concernant la crise bancaire, le député a jugé insuffisant le projet gouvernemental de restitution des dépôts (Gap Law). Selon lui, la promesse que 85% des déposants récupéreraient leurs avoirs masque le fait que cela ne représente qu’environ 18% du volume total des dépôts, après des pertes déjà subies et étalées dans le temps. Il a détaillé l’impact sur plusieurs catégories – expatriés, professions libérales, entreprises importatrices, associations, établissements éducatifs et investisseurs étrangers – dont l’essentiel des fonds resterait bloqué pendant de longues années.

Il a plaidé pour une approche fondée sur la répartition explicite des responsabilités entre l’État, la banque centrale et les banques commerciales, chacune devant annoncer le montant exact de sa dette, l’échéancier de remboursement et les garanties associées. À défaut, a-t-il averti, toute loi serait «une illusion qui détruit les droits et enterre la reddition des comptes».

Citant une réponse chiffrée de la Banque du Liban à une demande écrite, M. Adwan a affirmé que la dette de l’État envers la banque centrale atteindrait 58 milliards de dollars hors intérêts (93,9 milliards avec intérêts), appelant le gouvernement à vérifier ces montants, à arrêter un plan de remboursement et à imposer le même exercice de transparence aux banques.

Pour lui, seule cette clarification préalable permettra de restaurer la confiance et d’enclencher une véritable renaissance financière, monétaire et économique.

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