Haute couture à Paris: Alexis Mabille réinvente la couture avec l’IA, Viktor&Rolf font voler les podiums
Un mannequin se prépare dans les coulisses avant de présenter une création pour le défilé de la collection Femme Printemps/Été 2026 de Viktor & Rolf, dans le cadre de la Semaine de la Haute Couture à Paris, le 28 janvier 2026. ©Alain JOCARD / AFP

À Paris, lors de la semaine de la haute couture, Alexis Mabille a présenté une collection entièrement virtuelle, modélisée grâce à l’intelligence artificielle, tandis que Viktor&Rolf, Elie Saab et Yuima Nakazato ont dévoilé des créations mêlant innovation, tradition et extravagance. Entre images numériques, performances spectaculaires et broderies minutieuses, les défilés ont illustré la diversité des approches et l’audace créative qui caractérisent aujourd’hui la haute couture.

Le créateur français Alexis Mabille a présenté mercredi à Paris une nouvelle collection 100% virtuelle, modélisée grâce à un procédé d'intelligence artificielle (IA) et dévoilée à travers un film immersif lors de la semaine de la haute couture.

«C'est une première mondiale», a assuré à l'AFP le styliste à l'issue du show présenté dans un couloir d'écrans du Lido.

Développé pendant près de six mois avec des spécialistes, le procédé conçu sur mesure repose sur un processus associant intelligence artificielle et savoir-faire artisanal.

«J'ai travaillé comme d'habitude, j'ai dessiné mes vêtements, choisi mes tissus, j'ai dessiné mes broderies, fait mon moodboard», explique Alexis Mabille, avant que l'IA ne prenne le relais pour modéliser l'ensemble.

Si l'IA est souvent utilisée pour générer formes ou images, ici «on l'a fait travailler pour nous», précise le créateur.

«L'IA est une assistante, mais pas une assistante créative. Elle fait partie d'une équipe dans un atelier, mais elle n'est là que dans la réalisation.»

Aucun des trente looks présentés n'existe physiquement, tout comme les mannequins qui les portent, à l'exception de la première silhouette, clone numérique de son amie Diana Gartner, et de la dernière, qui représente la mère du créateur, Mireille, rajeunie pour l'occasion.

Toutes les pièces ont néanmoins été pensées pour être «réalisables». «Si l'image est belle mais qu'on n'est pas capable de fabriquer le vêtement derrière, ça n'a aucun intérêt», insiste-t-il.

Derrière le dispositif technologique, Alexis Mabille revendique une collection «intemporelle», pensée comme un «arc‑en‑ciel de personnalités, de couleurs et de matières».

Les couleurs dominent, rouges, bleus, jaunes, pastels, et les silhouettes sont élégantes, entre smokings ajustés et longues robes du soir, mais aussi deux tenues «pensées comme un grand jogging», avec une capuche, dans des tons rose pastel.

Cerf-volant

Dans un tout autre registre, le duo néerlandais Viktor&Rolf a offert une performance en direct spectaculaire.

Les deux créateurs se sont amusés à dépouiller des mannequins vêtus de grandes robes noires, «austères, presque protestantes», de leurs accessoires colorés: manches ballons roses, ceinture jaune, ou encore une ample cape bleue.

À mesure que les éléments se détachaient, ils étaient réassemblés pour habiller une autre mannequin, initialement vêtue d'une courte robe blanche, jusqu'à la transformer en véritable cerf-volant s'élevant dans les airs sous les applaudissements enthousiastes du public.

«Nous voulions créer quelque chose de léger, de ludique, et montrer comment nous travaillons en équipe, non seulement entre nous, mais aussi avec les mannequins», a expliqué à l'AFP Viktor Horsting.

Le Libanais Elie Saab a lui présenté au Palais Chaillot, au cours d'un show bien plus classique, un vestiaire inspiré des «nuits dorées d'été » des années 1970 dominé par les mordorés et les transparences.

Le couturier star des tapis rouges a dévoilé des silhouettes moulantes constellées de strass, rehaussées de petits volants semblables à des plumes ou de touches florales violettes et jaunes.

Yuima Nakazato, créateur japonais féru d'expérimentation, a lui mis à l'honneur des silhouettes qui semblaient sorties de l'océan avec leurs multiples coquillages brodés.

Avec AFP

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