L’État locataire à vie: un puits sans fond pour le Trésor
©Ici Beyrouth

L’État libanais figure parmi les plus grands locataires du pays. Depuis près d’un demi-siècle, il consacre des sommes colossales de fonds publics à la location de biens immobiliers pour loger ministères, administrations et établissements publics. Une situation devenue structurelle, sans perspective claire de résolution, malgré l’existence de solutions évidentes.

Les récentes observations de la commission parlementaire des Finances et du Budget ont remis en lumière ce puits sans fond, qui absorbe chaque année une part importante des finances publiques.

Aujourd’hui, l’État loue 1 315 biens fonciers, répartis sur les huit mohafazats, pour un coût annuel de 102,37 milliards de livres libanaises. À cela s’ajoutent près de 1,4 milliard de livres pour l’entretien annuel, autant de charges qui pèsent directement sur un budget public déjà exsangue.

Cette prolifération de biens loués reflète une gestion foncière défaillante, marquée par l’expansion désordonnée des institutions publiques au fil des décennies, sans stratégie de rationalisation.

Certaines structures, 13 établissements publics, n’ont plus de raison d’être, mais continuent d’occuper des locaux à grand coût. Parmi eux figurent Élissar, l’Établissement public des marchés de consommation, la Caisse des déplacés et le ministère des Déplacés.

Avec la nouvelle loi sur les anciens baux commerciaux, l’État doit désormais renégocier ou libérer les contrats conclus avant 1992, sous peine d’augmenter encore la facture.

Sans réforme de la politique foncière, rationalisation des institutions et optimisation du parc immobilier, le coût pour le Trésor et les contribuables continuera de s’alourdir.

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