Sam Sauvage, voix grave à la Bashung et look entre costard-cravate et tignasse indisciplinée, fait sensation sur la scène pop-rock française. À 25 ans, le natif de Boulogne-sur-Mer sort vendredi son premier album Mesdames, Messieurs! sur le label Cinq7 et figure déjà parmi les révélations masculines des prochaines Victoires de la musique, dont le palmarès sera dévoilé le 13 février. Ses chansons, mêlant observations sociales et portraits de la vie quotidienne, lui ont permis de passer des petites salles aux grandes scènes, tout en incarnant une nouvelle génération d’artistes engagés mais sans artifices.
Voix grave à la Bashung, cheveux indisciplinés et costard cravate: le son pop-rock a un nouveau visage avec Sam Sauvage, nommé aux Victoires de la musique en même temps qu'il sort son premier album vendredi.
«La nouvelle scène française est porteuse d'espoir», s'enthousiasme Sam Sauvage, lors d'une rencontre avec l'AFP à Paris.
Un élan dont il fait partie: il est nommé parmi les révélations masculines des prochaines Victoires, grand-messe de la chanson qui dévoilera son palmarès le 13 février.
"On parle de fadeur, de moins d'engagement... Je pense que les gens qui disent ça ne savent pas où écouter la musique», embraye l'artiste de 25 ans, aligné aux côtés des rappeurs Ino Casablanca et L2B.
Après avoir écumé les petites scènes pendant plusieurs années, sa carrière a décollé.
Son premier opus, Mesdames, Messieurs!, paraît sur le label Cinq7, celui de Philippe Katerine ou Solann, et se décline en 13 titres qui croquent les rapports humains.
Je ne t'aime plus, Les gens qui dansent (j'adore) ou La fin du monde sont déjà parus, tout comme Un cri dans le métro, tiré d'une situation réelle où un homme sans domicile fixe a «pété un câble» dans une rame.
«On m'a demandé si c'était une chanson engagée. Pas du tout, c'est plus une chanson concernée. C'est un constat. Je n'ai pas de solution», balaie le chanteur, qui trouve son époque «un petit peu extrême, sur tous les sujets».
Dans un «monde idéal», il aimerait «réconcilier» les générations et pour cela, «la musique peut aider, bien sûr».
«Décalage»
Sourire franc et tignasse brune, le natif de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) détonne dans son costume, qu'il revêt aussi sur scène.
«Même si j'ai l'air d'un jeune vieux, tout le monde me dit ça! moi, je suis à fond dans ma jeunesse. Je ne me sens absolument pas en décalage avec mon époque», confie-t-il.
Son univers fait écho à d'autres noms: un côté Taxi Girl aux yeux des fans de ce groupe de rock français des années 80, une dégaine à la BB Brunes pour les nostalgiques des années 2000. La voix grave, parfois nonchalante, évoque Alain Bashung ou Bertrand Belin.
C'est pourtant grâce à une autre référence de la chanson que Hugo Brebion son vrai nom, s'est mué peu à peu en Sam Sauvage, surnom donné par des camarades de soirée en référence à une célèbre campagne de prévention routière. Et Sauvage, parce qu'«il fallait quand même un truc qui claque un peu», glisse ce partisan de l'auto-dérision.
Alors collégien introverti et complexé, il tombe sur une vidéo d'un live de Bob Dylan au Newport Folk Festival, concert mythique où la légende américaine du folk a provoqué un tollé en jouant avec... une guitare électrique.
«Quand j'ai vu le mec arriver avec la guitare, l'harmonica... il ne payait pas de mine! Après je me suis pris une bonne claque», s'amuse Sam Sauvage, qui décide d'apprendre la gratte, en autodidacte. Appréciant manier les mots, il donne vie à ses premières chansons.
«Je me suis trouvé une raison de vivre, de parler aux gens, d'exister. Quelque chose qui me rendait intéressant. Donc, j'ai commencé la musique pour les mauvaises raisons!», lance l'artiste.
Lors de la cérémonie des Victoires, diffusée sur France 2, il interprétera l'un de ses titres. C'est «un live qu'on a déjà fait mille fois, qu'on connaît. Je n'ai pas envie de faire des artifices non plus. Si je commence à calculer les choses, je vais tomber sur scène», sourit-il.
Par Fanny LATTACH / AFP



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