Poutine reçoit le président syrien au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires
Vladimir Poutine reçoit Ahmad al-Chareh en Russie pour la deuxième fois depuis le renversement de Bachar al-Assad, alors que la Russie retire ses forces de Qamichli et que le régime syrien mène une offensive contre les zones contrôlées par les Kurdes et la coalition des FDS. ©Mikhaïl Metzel / Pool / AFP

Le président russe, Vladimir Poutine, reçoit mercredi son homologue syrien, Ahmad al-Chareh, la deuxième rencontre entre les deux dirigeants depuis le renversement en 2024 de Bachar al-Assad, allié du Kremlin, au moment où Moscou cherche à préserver en Syrie ses bases militaires.

La visite du président syrien en Russie, la deuxième en quatre mois, intervient aussi sur fond de craintes des Européens et des Américains d'une résurgence des jihadistes en Syrie, en particulier ceux de l'organisation État islamique (EI).

«Une discussion est prévue sur l'état des relations bilatérales et les perspectives de leur développement dans divers domaines, ainsi que sur la situation actuelle au Moyen-Orient», a indiqué le Kremlin mardi.

La Russie a retiré cette semaine ses forces et armements de l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est du pays, où elle maintenait une petite installation, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Moscou y avait déployé ses forces fin 2019, en vertu d'un accord avec la Turquie.

Ce retrait russe intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi ces dernières semaines un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.

La Russie a été un allié clé de l'ex-président syrien et est intervenue militairement en Syrie à partir de 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles et jihadistes, dont faisait partie Ahmad al-Chareh.

Ahmad al-Chareh espère, lui, obtenir une extradition de Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis son éviction du pouvoir.

Le renversement de Bachar al-Assad a porté un coup à l'influence russe au Moyen-Orient, même si le nouveau pouvoir syrien maintient jusqu'à présent des relations cordiales avec Moscou.

Le régime actuel de Damas mène une offensive militaire contre les territoires contrôlés jusqu'ici par la coalition des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes.

Mais cette opération a provoqué de grandes incertitudes autour des camps et prisons dans le nord-est du pays, où les FDS gardaient des milliers d'anciens jihadistes de l'EI et leurs famille depuis 2019.

Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi, mais les deux camps s'accusent mutuellement de violations.

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis ont appelé mardi les forces gouvernementales syriennes et les combattants kurdes à «éviter tout vide sécuritaire» qui serait favorable aux jihadistes de l'EI.

Le président américain, Donald Trump, a ensuite assuré, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien, que «tout se pass(ait) très bien».

AFP

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