L’or et l’argent frôlent des seuils historiques vendredi, à des niveaux proches de 5.000 et 100 dollars l’once respectivement, les investisseurs cherchant des valeurs refuges sûres face aux aléas de la politique américaine et aux craintes d’une perte d’indépendance de la Réserve fédérale (Fed).
«Les risques géopolitiques et la présidence américaine atypique maintiennent la demande de métal jaune soutenue», indique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Les métaux précieux avaient initialement été dopés cette semaine par les velléités de Donald Trump de s’emparer du Groenland et ses menaces d’imposer des droits de douane supplémentaires aux pays s’y opposant.
Malgré son retour en arrière mercredi lors du Forum économique mondial à Davos, où le président américain a renoncé à recourir à la force militaire ou à la coercition douanière, l’or a continué sa course en avant.
Les fréquents retournements de l’administration américaine alimentent un environnement incertain aux États-Unis qui détourne les investisseurs du dollar et des obligations d’État.
Par ailleurs, «les craintes d’une Fed sous influence contribuent à la hausse des métaux précieux» et plombent le billet vert, ajoute Stephen Innes, de SPI AM.
Le ministère américain de la Justice mène en effet actuellement une enquête sur le président de l’institution monétaire, Jerome Powell, sur la base d’auditions relatives aux travaux de rénovation du siège de la Fed, un «prétexte» selon lui pour l’écarter.
Enfin, le marché cherche aussi à se protéger de l’inflation et de l’endettement généralisé des États.
Vers 10H40 GMT (11H40 à Paris), le métal jaune refluait de 0,15%, à 4.928,17 dollars l’once, après avoir atteint un nouveau record, à 4.967,34 dollars l’once.
Également dopé par la demande industrielle, l’argent gagnait pour sa part 2,39%, à 98,5432 dollars, niveau proche de son sommet de 99,3853 dollars l’once, atteint plus tôt dans la séance.
Après avoir chuté la veille face à ces mêmes incertitudes, le dollar s’affichait mitigé vendredi, progressant de 0,19% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1732 dollar, mais en repli de 0,24% contre la livre sterling, à 1,3535 dollar.
La Banque du Japon (BoJ) a laissé vendredi son taux directeur inchangé à 0,75% à l’issue de deux jours de réunion, à l’orée des élections législatives anticipées début février.
En l’absence de signal clair, le marché «n’anticipe toujours pas de nouvelle hausse des taux de la BoJ avant avril», mais spécule sur une intervention monétaire du Japon pour soutenir sa devise, constate Lee Hardman, analyste chez MUFG.
Après une forte volatilité dans la foulée de l’annonce, la devise japonaise prenait 0,13%, à 158,19 yens pour un dollar.
AFP



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