Le Conseil des droits de l'homme va se réunir vendredi en urgence pour débattre sur la «détérioration» de la situation des droits humains en Iran, après la répression des manifestations contre le pouvoir, a indiqué l'ONU.
«Cette session spéciale a été demandée lundi soir par l'Islande, conjointement avec l'Allemagne, la Macédoine du Nord, la République de Moldavie et le Royaume-Uni», a déclaré un porte-parole du Conseil des droits de l'homme, Pascal Sim, lors d'un point de presse à Genève.
Par ailleurs, plus d'une vingtaine d'autres États membres ont apporté leur soutien à la demande. La liste des signataires reste ouverte jusqu'au début de la session, a indiqué M. Sim.
Dans une lettre adressée au président du Conseil, les cinq pays ayant déposé la demande soulignent qu'une «session spéciale est nécessaire en raison de l'importance et de l'urgence de la situation».
La lettre, dont l'AFP a lu une copie, met en évidence «des rapports crédibles faisant état de violences alarmantes, de répressions contre des manifestants, de violations du droit international et des droits de l'homme dans tout le pays».
Le soutien d'au moins 16 États membres (un tiers) du CDH est nécessaire pour convoquer une session extraordinaire.
Déclenchée le 28 décembre par des protestations contre le coût de la vie, la mobilisation en Iran a pris une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, avant une répression violente qui, selon des ONG, a fait des milliers de morts.
Au moins 3.428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), dont les chiffres sont cités par l'ONU, mais d'autres estimations font état, selon elle, de plus de 5.000 morts, voire jusqu'à 20.000.
Le nombre de manifestants tués «pourrait dépasser même les estimations médiatiques les plus élevées», a affirmé lundi le directeur de IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam, dénonçant «l'un des plus grands massacres de manifestants de notre époque».
AFP



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