Conflits, sanctions, commerce, diplomatie et rapports de force: douze mois de décisions qui ont pesé sur la planète. Le 20 janvier 2025, Donald Trump est réinvesti président des États-Unis. En un an, la politique américaine a multiplié les actes visibles et spectaculaires qui ont marqué les équilibres internationaux. Sur l’année écoulée, la Maison-Blanche a signé plus de deux cents décrets présidentiels, proclamations et mémorandums. Ce récit ne prétend pas les recenser tous. Il s’arrête sur les décisions et événements les plus structurants, ceux qui ont eu un impact direct sur les conflits en cours, les relations diplomatiques, le commerce mondial et le fonctionnement des institutions internationales.
Dès le 20 janvier 2025, Donald Trump donne le ton. À peine réinvesti, il annonce le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Objectif affiché: rompre avec les engagements environnementaux pris par l’administration Biden.
Le même jour, Washington enclenche le processus de retrait de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’administration justifie ce choix par la volonté de reprendre un contrôle total sur les politiques sanitaires nationales et sur l’allocation des financements internationaux.
Une décision jugée dangereuse par l’OMS et par de nombreux États, qui alertent sur «son impact potentiel sur la santé mondiale, la recherche scientifique et la gestion des pandémies».
Conflits majeurs: arbitrages revendiqués et réalités persistantes
Chine
Fin octobre 2025, Donald Trump rencontre le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud, dans le cadre de discussions destinées à apaiser la guerre commerciale entre Washington et Pékin.
À l’issue de l’entretien, le président américain annonce des concessions réciproques, dont un abaissement de certains droits de douane et une suspension partielle des restrictions sur les terres rares.
Ukraine
Sur le dossier ukrainien, Donald Trump adopte une approche directe. Il reçoit à plusieurs reprises le président Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, tout en maintenant des échanges avec Vladimir Poutine, qu’il accueille le 15 août 2025 lors du sommet dit «Alaska 2025».
Côté ukrainien, le ton se durcit lors d’une rencontre très médiatisée à Washington. Devant les caméras, l’échange vire à l’altercation. Donald Trump interpelle Volodymyr Zelensky sans détour, dans une séquence qui fait le tour du monde et devient emblématique de son style diplomatique.
Dans ses déclarations publiques, le président américain accuse Kiev de «freiner» les discussions. Des scénarios de sortie de crise sont évoqués, mais le conflit reste ouvert, profondément ancré dans les équilibres militaires et géopolitiques régionaux.
Afrique du Sud
La rencontre tendue avec Volodymyr Zelensky n’est pas un cas isolé. En 2025, la Maison-Blanche, et plus particulièrement le Bureau ovale, devient le théâtre d’un nouveau style d’échanges, souvent plus abrupt.
Lors de sa visite à Washington, le président sud-africain Cyril Ramaphosa rejette catégoriquement les accusations de Donald Trump, qui affirme que des fermiers blancs seraient victimes d’un «génocide» en Afrique du Sud.
Nigeria
Au Nigeria, Donald Trump adopte une rhétorique similaire. En 2025, il ordonne des frappes contre des groupes djihadistes, menées le jour de Noël, affirmant agir pour protéger les chrétiens du pays, qu’il présente également comme victimes d’un «génocide».
Iran
Avec l’Iran, la confrontation s’intensifie. En juin 2025, les États-Unis mènent des frappes ciblées contre trois sites nucléaires iraniens: Fordow, Natanz et Ispahan. L’opération est revendiquée par Washington dans le contexte de l’escalade militaire entre Israël et l’Iran. Les évaluations sur l’ampleur des dégâts divergent. Certaines sources évoquent des dommages sévères sur les capacités nucléaires iraniennes, d’autres parlent d’un impact plus limité.
Les semaines suivantes sont marquées par une montée des tensions régionales, des évacuations de personnels américains et des mises en garde répétées de la Maison-Blanche.
Fin 2025 et début 2026, le dossier iranien se ravive encore avec des manifestations d’ampleur dans plusieurs villes du pays. Donald Trump menace alors publiquement d’intervenir si la répression s’intensifie, évoquant des frappes ou un soutien direct aux manifestants.
Syrie
Autre décision marquante, moins commentée mais hautement symbolique: en mai 2025, Donald Trump annonce la levée des sanctions américaines visant la Syrie. Ce geste rompt avec des années d’isolement diplomatique et économique imposé à Damas, et avec la ligne suivie par les administrations précédentes. Washington assume un repositionnement unilatéral, sans coordination apparente avec ses alliés occidentaux.
Gaza
Sur Gaza, Donald Trump revendique une implication directe. La première phase d’un cessez-le-feu est présentée par Washington comme un succès diplomatique ayant permis une baisse des combats et l’ouverture de discussions indirectes.
En janvier 2026, l’administration américaine annonce l’entrée en phase 2 de son plan de paix. Celui-ci prévoit une gouvernance civile transitoire, une reconstruction conditionnée et une démilitarisation progressive du territoire. Un Conseil de paix est mis en place pour encadrer cette phase, sous supervision internationale. Malgré ces annonces, le conflit entre Israël et le Hamas reste sans règlement définitif et continue de structurer les tensions régionales.
Israël
En octobre 2025, Donald Trump s’exprime devant la Knesset, une prise de parole rare pour un président américain. Aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahou, il prononce un discours très politique, mêlant soutien appuyé à Israël et messages personnels. Depuis la tribune du Parlement israélien, Donald Trump évoque publiquement l’idée d’une grâce pour Benjamin Netanyahou, alors visé par des procédures judiciaires.
Liban
Le Liban figure lui aussi dans les priorités affichées de l’administration Trump. Fin 2025, le président américain évoque publiquement la possibilité d’inviter son homologue libanais, Joseph Aoun, à la Maison-Blanche. Cette ouverture intervient dans un contexte de tensions, alors que Washington exprime son exaspération face aux lenteurs du processus de désarmement du Hezbollah, reprochant à l’armée libanaise de tergiverser sur ce dossier. Donald Trump affirme néanmoins vouloir travailler avec le Liban et dit viser une stabilisation durable du Moyen-Orient. À ce stade, la visite annoncée du président libanais aux États-Unis reste attendue. Trump a toujours justifié son approche vis-à-vis du Liban par la volonté d’y instaurer une voix durable, qu’il inscrit dans la continuité des accords d’Abraham.
Afrique, Caucase, Asie: conflits gelés, médiations revendiquées
Donald Trump affirme avoir contribué à débloquer ou stabiliser plusieurs conflits. En Afrique centrale, des tentatives de médiation sont menées entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sans accord durable à ce stade.
Dans le Caucase, Washington soutient un processus entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan autour de corridors stratégiques, avec des avancées limitées.
En Asie du Sud-Est, des discussions sont encouragées entre la Thaïlande et le Cambodge. Dans les Balkans, les tensions entre la Serbie et le Kosovo demeurent vives malgré les efforts diplomatiques. En Asie du Sud, les relations entre l’Inde et le Pakistan restent sous tension. En Afrique du Nord-Est, le différend entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du barrage de la Renaissance n’aboutit pas.
Dans ces dossiers, l’administration américaine met en avant des progrès «ponctuels», sans qu’une paix durable ne soit actée.
Amérique Latine: le choc vénézuélien
Le 3 janvier 2026, une opération américaine conduit à la capture de Nicolás Maduro, président en exercice du Venezuela, et de son épouse. Ils sont transférés vers les États-Unis pour y être poursuivis. L’événement provoque une onde de choc sur le continent latino-américain. Donald Trump assume l’opération et annonce dans la foulée une reprise encadrée des exportations de pétrole vénézuélien. Le message est explicite: Washington se dit prêt à intervenir directement pour défendre ses intérêts stratégiques.
Groenland: un dossier stratégique relancé
Washington a décidé d’imposer de nouvelles mesures douanières visant plusieurs pays européens. Huit États sont concernés, dont six appartenant à l’Union européenne, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande, ainsi que le Royaume-Uni et la Norvège. Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré qu’à partir du 1er juin 2026, «les droits de douane seront portés à 25% (...) jusqu'à ce qu'un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland».
Face à cette décision, Bruxelles examine les leviers dont elle dispose pour répondre à ces pressions commerciales. Le président français Emmanuel Macron a notamment évoqué la possibilité de recourir à l’instrument européen dit «anti-coercition».
Signe de la tension provoquée par cette annonce, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne doivent se réunir lors d’un sommet exceptionnel prévu jeudi 22 janvier. Cette rencontre, décidée après une réunion d’urgence des ambassadeurs des États membres, sera consacrée à l’état des relations transatlantiques, selon le Conseil européen.
Pressions économiques: le retour des droits de douane
Sur le plan économique, Donald Trump relance une guerre commerciale assumée. Les États-Unis instaurent un plafond de 15% sur une grande partie des exportations européennes. D’autres pays sont plus lourdement touchés. La Suisse, la Serbie et plusieurs États africains voient leurs produits taxés à des niveaux bien supérieurs. Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium atteignent jusqu’à 50%. La Chine reste une cible centrale, notamment sur les secteurs stratégiques des semi-conducteurs, des technologies avancées et de l’intelligence artificielle.
Ces tensions commerciales s’accompagnent d’un regain de frictions avec les alliés européens sur le plan sécuritaire. Donald Trump relance ses critiques contre l’Otan, accusant plusieurs pays européens de ne pas assumer leur part de l’effort militaire, ravivant les doutes sur la solidité du lien transatlantique.
Organisations internationales: retraits et désengagement
L’administration Trump retire les États-Unis de plusieurs instances internationales, réduit des financements et engage une revue générale des engagements multilatéraux. Le Conseil des droits de l’homme, des agences onusiennes et des structures humanitaires sont concernés. Washington explique que ces tendent à préserver sa liberté d’action et de refuser des cadres jugés contraignants.
Paralysie intérieure: un shutdown inédit
Sur le front intérieur, l’année est aussi marquée par une crise budgétaire majeure. Le 13 novembre 2025, Donald Trump promulgue la loi mettant fin à un shutdown fédéral de quarante-trois jours, le plus long jamais enregistré aux États-Unis. Cette paralysie entraîne la fermeture de nombreux services publics, le gel de salaires pour des centaines de milliers de fonctionnaires et de fortes perturbations dans les dispositifs d’aide sociale, notamment alimentaire. L’épisode illustre les tensions persistantes entre l’exécutif et le Congrès, et l’impact direct de ces blocages politiques sur la vie quotidienne des Américains.
Immigration et société
Sur le plan intérieur, plusieurs décisions marquent également l’année. En janvier 2026, un décret suspend le traitement de visas d’immigration pour les ressortissants de plus de 75 pays, dont le Liban, avec des exceptions ciblées. Donald Trump signe aussi des textes à forte portée symbolique sur la place des personnes transgenres dans l’armée et dans le sport féminin. Ces décisions suscitent des débats bien au-delà des États-Unis.
Le Nobel comme symbole
Donald Trump a souvent évoqué son ambition d’obtenir le prix Nobel de la paix. Il ne l’a pas décroché, mais sa première année est jalonnée de gestes symboliques: le président de la FIFA, Gianni Infantino, lui remet un trophée pour la paix. L’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui offre sa propre médaille du Nobel. Des symboles plus que des distinctions officielles.
Un an après le 20 janvier 2025, le monde a surtout vécu une succession d’actes, de décisions et de rapports de force. Le monde n’a pas vécu une année ordinaire. Il a vécu une année avec Trump.

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