Les propos du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, réaffirmant son attachement aux armes et brandissant la menace du chaos et d’un conflit interne, ont suscité un vif mécontentement au niveau de l’État, notamment au palais présidentiel et au Grand Sérail. Ils sont perçus comme une remise en cause de l’ensemble des démarches entreprises par le gouvernement depuis le 5 août dernier, ainsi que comme la confirmation d’une réalité persistante: la confiscation de la décision de guerre et de paix, soustraite à l’autorité de l’État et mise au service des desiderata de la République islamique d’Iran.
Selon ces milieux, la question dépasse le seul cadre de la scène intérieure. Si tel avait été le cas, et si le Hezbollah avait réellement la capacité de faire face à Israël, il aurait déjà fait usage de cet arsenal.
Des sources officielles estiment que les propos de Naïm Kassem fragilisent également l’accord de cessez-le-feu et offrent à Israël un soutien renforcé, tant régional qu’international, ainsi que de nouveaux prétextes pour poursuivre ses attaques contre les positions du Hezbollah et ses opérations d’assassinat visant ses membres, abandonnés à leur sort par le leadership du groupe.
Cette situation rend encore plus difficile la gestion du dossier des armes par le gouvernement libanais. À l’instar de l’armée, il se trouve dans une position particulièrement délicate: incapable de progresser, incapable de reculer. Le maintien du statu quo risquerait de permettre au Hezbollah de reprendre le contrôle de leviers sécuritaires et politiques au sein de l’État, alors qu’il n’a pas totalement perdu son emprise sur ces secteurs. Une telle évolution provoquerait de nouvelles réactions militaires israéliennes, un durcissement de la pression régionale et internationale sur l’État libanais, ainsi que la poursuite de mesures politiques et financières resserrant l’étau sur le pays.
Dans ce contexte, des sources bien informées des réactions aux propos de Naïm Kassem ont exprimé leur crainte que ses déclarations pèsent sur la prochaine conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure, prévue le 5 mars. Cette inquiétude est d’autant plus vive si le gouvernement ne fixe pas la date limite pour la mise en œuvre de la deuxième phase du processus de désarmement, entre le nord du fleuve Litani et le fleuve Awali.
D’autres sources estiment qu’au sein du Quintette – composé de l’Égypte, des États-Unis, du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la France – certains considèrent que le véritable défi réside dans le soutien à l’armée. Tant que le Hezbollah maintiendra son obstination, ce soutien pourrait priver toute autorité officielle, politique ou militaire, de tout argument justifiant l’absence de mesures concrètes en vue du monopole des armes et du rétablissement effectif de la souveraineté de l’État. Selon ces mêmes sources, la poursuite de cette inertie, malgré un tel niveau de soutien à l’armée, exposerait directement ses responsables à des sanctions ciblées et conduirait, une nouvelle fois, à la paralysie de l’État et de ses responsables.




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