Le nombre de victimes liées aux manifestations en Iran dépasse désormais les 2 550 morts, selon l’Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont 2 403 manifestants et 147 membres des forces de sécurité ou civils pro-gouvernementaux. Parmi elles, 12 enfants et 9 civils non impliqués dans les manifestations. Jusqu’à 18 137 arrestations ont été recensées. Un officiel iranien cité par Reuters évoque environ 2 000 morts, illustrant la difficulté de confirmer les données en raison du blackout Internet imposé à travers le pays.
Les manifestations, déclenchées le 28 décembre dernier en réaction à la hausse vertigineuse de l’inflation, représentent l’un des plus grands défis au régime iranien depuis la Révolution islamique de 1979. La répression des protestations a été particulièrement violente, avec l’utilisation d’armes à feu par les forces de sécurité, des arrestations massives et des raids dans les immeubles pour saisir des antennes paraboliques et autres dispositifs de communication par satellite, rapportent Associated Press (AP) et Reuters.
Dans ce contexte, le fournisseur Starlink, dirigé par Elon Musk, a été rendu gratuit en Iran, selon des militants cités par AP, pour permettre aux citoyens de contourner les restrictions et rester connectés.
Une justice accélérée et des exécutions imminentes
Le pouvoir judiciaire iranien a annoncé des procès rapides et publics pour les personnes arrêtées lors des manifestations. Selon les médias iraniens et l’AFP, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a passé cinq heures dans une prison de Téhéran pour examiner les cas des détenus, qualifiés d’«émeutiers» par les autorités.
La première exécution pourrait intervenir mercredi 14 janvier, celle d’Erfan Soltani, 26 ans, arrêté lors des manifestations. Amnesty International et d’autres ONG, relayant les informations de la famille et de la diplomatie américaine, ont appelé à surseoir immédiatement à toute exécution. Le Département d’État américain a également alerté sur ce cas spécifique, signalant qu’Erfan Soltani fait partie des plus de 10 600 manifestants arrêtés.
Mohseni Ejeï a déclaré : «Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement.»
Cette accélération judiciaire survient dans un contexte de tensions internationales, Donald Trump ayant déclaré que les États-Unis interviendraient «de manière très forte» si les autorités iraniennes exécutaient des manifestants. Téhéran accuse Washington de chercher un prétexte pour une intervention militaire (Reuters).
Diplomatie et menaces régionales
Les communications directes entre l’Iran et les États-Unis ont été suspendues, notamment entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et l’envoyé spécial américain, Steve Witkoff (Reuters). Les discussions pour trouver une solution diplomatique au différend nucléaire ont été annulées.
Parallèlement, l’Iran maintient des contacts avec la Turquie, les Émirats arabes unis et le Qatar, tous alliés des États-Unis, pour gérer la crise, selon Reuters. Les autorités iraniennes ont également averti qu’elles pourraient attaquer toute base américaine dans la région en cas d’agression contre l’Iran, selon Reuters.
Une funérailles massive est prévue à Téhéran, regroupant environ 300 corps de civils et membres des forces de sécurité (AP). La vie quotidienne reste fortement perturbée : écoles fermées, présence sécuritaire renforcée et climat de peur omniprésent.



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