Le pétrole grimpe après la menace américaine contre les partenaires de l'Iran
Des traders travaillent dans la salle des marchés de la Bourse de New York (NYSE) à New York, le 12 janvier 2026. ©ANGELA WEISS / AFP

Les cours du brut sont en hausse mardi, avec l'Iran au centre de l'attention après la menace par Donald Trump de sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Le président américain, qui a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement en Iran, a annoncé lundi que tout pays commerçant avec Téhéran serait frappé de droits de douane de 25% par les États-Unis.

«Cette décision est définitive» et «prend effet immédiatement», a affirmé M. Trump sur son réseau Truth Social.

La Chine, premier importateur mondial de pétrole et principal partenaire commercial de l'Iran, est tout particulièrement visée.

«La Chine a importé environ 1,8 million de barils par jour de pétrole iranien à l'automne, soit un peu moins de 2% du marché mondial, et est en fait le seul acheteur de pétrole iranien», affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Si la Chine cesse d'importer du pétrole iranien, cela équivaudrait à un embargo pétrolier total sur l'Iran, amputant l'offre mondiale d'or noir des exportations de Téhéran.

Cela fait monter les cours : vers 10H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, prenait 1,60% à 64,89 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, gagnait 1,85% à 60,60 dollars.

«Reste à voir si cette menace tarifaire secondaire suffira à détourner la Chine du pétrole iranien», tempèrent les analystes d'ING.

Washington et Pékin ont conclu «une trêve commerciale» et les États-Unis pourraient vouloir éviter une nouvelle escalade commerciale, avancent-ils.

Par ailleurs, le gaz naturel européen, plus volatile que le pétrole, est en nette hausse depuis vendredi, repassant au-dessus des 30 euros le mégawatt-heure (MWh) pour la première fois depuis le mois de novembre.

«Le temps froid pourrait revenir après une brève période de douceur», explique Arne Lohmann Rasmussen, ce qui fait grimper les cours alors que les réserves européennes de gaz ont baissé récemment et sont plus faibles qu'à la même période l'an passé.

De plus, la Turquie, «qui achète du gaz iranien via un gazoduc», pourrait subir les conséquences des droits de douane américains.

Si la Turquie cesse ses achats auprès de l'Iran, «cela pourrait augmenter la demande mondiale de gaz naturel liquéfié».

Mardi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz naturel, prenait 3,88%, à 31,420 euros le mégawatt-heure (MWh).
AFP

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