Trump dit avoir annulé une seconde vague d’attaques contre le Venezuela après la libération de prisonniers
L'ancien candidat de l'opposition à la présidence du Venezuela, Enrique Marquez ©FEDERICO PARRA / AFP

Donald Trump a annoncé vendredi avoir «annulé» une nouvelle attaque américaine contre le Venezuela, en raison de la «coopération» de Caracas, qui a commencé à libérer plusieurs opposants politiques tout en affirmant n’être ni «subordonné, ni soumis» à Washington.

Le président américain a salué sur son réseau Truth Social ces libérations comme «un geste très important et intelligent» de la part du gouvernement vénézuélien.

Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier, Donald Trump a indiqué que l’opération militaire prévue contre le pays avait été annulée grâce à la «coopération» avec le pouvoir en place à Caracas. «Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble», notamment pour la «reconstruction» de l’industrie pétrolière, a-t-il précisé.

Le président américain doit recevoir dans l’après-midi à la Maison Blanche plusieurs dirigeants de grandes compagnies pétrolières afin de discuter d’investissements au Venezuela.

Son gouvernement a par ailleurs annoncé vendredi matin la saisie dans les eaux internationales d’un nouveau pétrolier vénézuélien, le Olina, dans le cadre du blocus américain contre l’exportation de pétrole du pays. Il s’agit du cinquième navire saisi par Washington ces dernières semaines.

L’annonce des libérations est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, qui a réaffirmé que son pays n’était ni «subordonné ni soumis» aux Etats-Unis et a réitéré sa «loyauté envers le président Nicolas Maduro».

«Rencontre Trump-Machado» 

Parmi les principaux détenus relâchés jeudi, Enrique Marquez avait mené une bataille judiciaire contre la réélection de Nicolas Maduro en 2024, jugée frauduleuse par l’opposition et par une large partie de la communauté internationale.

Edmundo González Urrutia, opposant exilé en Espagne, s’est dit vendredi «profondément heureux» de ces libérations.

Maria Corina Machado, opposante et prix Nobel de la paix 2025, réfugiée dans la clandestinité, a également salué les libérations, estimant qu’«aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin».

Donald Trump a annoncé jeudi qu’il la recevrait à Washington «la semaine prochaine», ajoutant sur Fox News que ce serait «un grand honneur» si elle lui remettait son prix Nobel, proposition qu’elle lui avait faite. L’Institut Nobel à Oslo a cependant précisé qu’un transfert du prix était impossible.

Jorge Rodriguez, président du Parlement vénézuélien, a qualifié ces libérations de «geste unilatéral du gouvernement» visant «à favoriser la coexistence pacifique», sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus.

Cinq ressortissants espagnols, dont l’avocate Rocio San Miguel, libérés jeudi, sont arrivés à Madrid en début d’après-midi. Le gouvernement espagnol espère la libération d’un autre de ses ressortissants actuellement emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.

«Beaucoup d’espoir» 

Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a indiqué avoir échangé vendredi avec son homologue américain Marco Rubio «sur la situation au Venezuela», une première depuis la capture de Nicolas Maduro.

Après l’opération, l’Espagne, où résident plusieurs centaines de milliers de Vénézuéliens, avait proposé de jouer le rôle d’intermédiaire dans la crise, offre jusqu’ici ignorée par Donald Trump.

Le pape Léon XIV a exprimé sa «vive inquiétude» face à «l’aggravation des tensions» dans la région et a appelé «à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à protéger les droits humains et civils de chacun».

Devant la prison d’El Rodeo I à Guatire, en périphérie de Caracas, des familles ont passé la nuit dans l’espoir de voir leur proche libéré. «Nous sommes ici avec beaucoup d’espoir, avec beaucoup de foi», a déclaré Hiowanka Avila, 39 ans, dont le frère est détenu depuis 2018, accusé d’avoir participé à une tentative d’attentat au drone contre Nicolas Maduro.

L’ONG Foro Penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires. Reporters sans frontières a salué la libération des prisonniers politiques mais a appelé le gouvernement à «étendre ce geste» pour libérer les journalistes encore emprisonnés.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire