Colombie: Petro demande l'aide de Trump pour «frapper durement» l'ELN
Le président colombien Gustavo Petro gesticulant lors d'une conférence de presse avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 1er novembre 2022, et le président américain Donald Trump gesticulant lors d'une réunion bilatérale avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva en marge du 47e sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur, le 26 octobre 2025. ©Federico Parra / AFP

Le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain Donald Trump «se sont engagés à mener des actions conjointes» contre la guérilla ELN qui opère à la frontière avec le Venezuela, a affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur colombien Armando Benedetti.

Après une escalade des tensions à la suite des bombardements américains à Caracas le 3 janvier, la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et des menaces d'actions militaires en Colombie, MM. Petro et Trump ont eu mercredi soir un entretien téléphonique, le premier entre les deux dirigeants depuis le retour du Républicain à la Maison Blanche en janvier 2025.

Lors de cet entretien, le dirigeant de gauche colombien a accepté une invitation du président Trump à se rendre à Washington et lui a demandé «d'aider à frapper durement l'ELN à la frontière» avec le Venezuela, a assuré M. Benedetti dans un entretien à Blu Radio.

Cette guérilla d'extrême gauche apparue en 1964 sous l'inspiration du révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara compte quelque 5.800 membres qui opèrent sur plus de 20% des plus de 1.100 municipalités de Colombie, selon le centre d'études Insight Crime. C'est la plus grande organisation rebelle d'Amérique.

Le 13 décembre, l'ELN, qui contrôle des régions de production de cocaïne, a décrété trois jours de confinement de la population de ces zones, invoquant des «menaces d'intervention impérialistes» de Trump.

Le président américain a averti que des pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient «susceptibles d'être attaqués», mentionnant la Colombie qui «fabrique de la cocaïne» et «nous la vend».

Selon M. Benedetti, les guérilleros «terminaient toujours au Venezuela» après des combats avec les forces de l'ordre colombiennes. Il est selon lui nécessaire qu'ils «soient également attaqués à l'arrière quand ils sont attaqués ici».

La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2.200 kilomètres où différents groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l'exploitation minière illégale et de la contrebande.

M. Petro a tenté, sans succès après son arrivée au pouvoir en 2022, de négocier la paix avec ces différents groupes armés, dont l'ELN avec laquelle les pourparlers sont suspendus depuis 2024.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire