Iran: nouveaux heurts, l'opposition appelle à intensifier la mobilisation
Une manifestante brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « femme, vie, liberté » lors d'une manifestation contre la répression des manifestations par le régime iranien, dans le centre de Paris, le 4 janvier 2026. ©BLANCA CRUZ / AFP

La police a de nouveau dispersé avec du gaz lacrymogène des manifestants en Iran, secoué depuis douze jours par un mouvement de contestation soutenu par l'opposition en exil, dont une partie appelle jeudi à de nouvelles mobilisations.

La police a fait usage mercredi de gaz lacrymogène notamment dans les villes de Kerman (sud-est) et Tonekabon, sur la mer Caspienne, selon des ONG.

Par ailleurs, un policier iranien a été poignardé en «participant aux efforts destinés à contrôler des troubles» près de Téhéran et est mort quelques heures après, a annoncé jeudi l'agence de presse iranienne Fars.

Depuis le début du mouvement, parti le 28 décembre de Téhéran, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, surtout dans l'ouest du pays, et 25 provinces sur 31 ont été concernées, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias.

La participation aux manifestations de mercredi est «sans précédent», a affirmé Reza Pahlavi, fils de l'ancien chah et figure de l'opposition en exil, en appelant à de nouvelles manifestations jeudi soir.

Le «régime est profondément effrayé et tente, une fois encore, de couper internet» afin d'entraver la mobilisation, a-t-il assuré dans un message posté sur les réseaux sociaux.

De leur côté, sept partis d'opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale jeudi des Kurdes en Iran, en soutien au mouvement de contestation en cours dans le pays.

Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a publié une vidéo montrant des manifestants à Kuhchenar, dans la province de Fars (sud), applaudissant après avoir renversé, de nuit, une statue de Qassem Soleimani, important commandant des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe américaine en Irak en 2020, et célébré en héros par la République islamique.

L'organisation a également publié une vidéo montrant des personnes rassemblées à Karaj, près de Téhéran, et ayant allumé des feux dans les rues. HRANA a aussi diffusé des images des forces de l'ordre dispersant des manifestants avec du gaz lacrymogène dans la ville de Tonekabon.

Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, les forces de sécurité ont «ouvert le feu sur des manifestants, fait usage de gaz lacrymogènes et violemment agressé des civils» mercredi, lors d'une manifestation à Kerman (sud).

Depuis le début du mouvement, au moins 27 protestataires ont été tués «par des tirs ou d'autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité», dont cinq mineurs, selon le dernier bilan d'IHR.
AFP

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