Trump signe le retrait des États-Unis de 66 instances internationales
Le président américain Donald Trump quitte les lieux après avoir prononcé un discours lors de la retraite des membres du Parti républicain (GOP) à la Chambre des représentants, au Kennedy Center à Washington, DC, le 6 janvier 2026 ©MANDEL NGAN / AFP

Donald Trump a signé mercredi un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui «ne servent plus les intérêts américains», a annoncé la Maison Blanche dans un message sur X. L’exécutif américain a précisé que 31 de ces organisations étaient liées à l’ONU.

Depuis son retour à la Maison Blanche il y a près d’un an, le président républicain met en œuvre sa vision de «l’Amérique d’abord». Comme lors de son premier mandat, il a ainsi décidé de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), que les États-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden. Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé.

L’administration Trump a également fortement réduit l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses organisations onusiennes, contraintes de réduire leurs activités sur le terrain, comme le Haut-Commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.

Depuis la tribune de l’Assemblée générale en septembre, Donald Trump avait également lancé une attaque en règle contre l’ONU, qu’il juge «très loin de réaliser son potentiel».

Donald Trump a ordonné mercredi le retrait des États-Unis d’un traité et du comité scientifique de référence sur le climat, des organisations figurant parmi des dizaines jugées par Washington comme ne servant «plus les intérêts américains».

Retrait de 66 organisations

Le décret signé par le président américain prévoit le retrait des États-Unis de 66 organisations au total, dont environ la moitié liées à l’ONU, a annoncé la Maison Blanche. Parmi elles figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), traité fondateur de l’ensemble des accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio. C’est dans le cadre de la CNUCC qu’a notamment été signé l’accord de Paris de 2015, dont Donald Trump s’est retiré pour la deuxième fois dès son retour à la Maison Blanche il y a un an. Lors de son premier mandat, il avait déjà quitté l’accord de Paris, mais pas la CNUCC, ce qui avait permis aux États-Unis de continuer à participer aux conférences annuelles sur le climat.

Ce retrait supplémentaire «est un coup majeur pour l’action climatique mondiale, fracturant le consensus durement gagné et posant le plus grand défi aux efforts climatiques depuis l’adoption de l’accord de Paris», a déclaré à l’AFP l’analyste Li Shuo, de l’Asia Society Policy Institute. Cette décision pourrait par ailleurs soulever des questions juridiques, la Constitution américaine, qui autorise le président à rejoindre un traité après un vote des deux tiers du Sénat, ne précisant pas les modalités de retrait.

Si Donald Trump avait fait sortir les États-Unis de l’accord de Paris lors de son premier mandat, avant que Joe Biden n’y revienne, «sortir de la CNUCC est radicalement différent», estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique. «Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat», a-t-elle indiqué à l’AFP, évoquant des «options légales» pour le démontrer.

Le décret ordonne également le retrait des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), la référence mondiale en matière de science climatique, ainsi que d’autres organisations liées à la protection de la planète, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature ou encore ONU-Eau.


AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire