L’histoire a déjà connu des chefs d’État renversés par la force étrangère.
En 1989, Manuel Noriega, homme fort du Panama, était capturé par l’armée américaine et jugé aux États-Unis. Mais cet épisode appartenait encore à un monde bipolaire, limité, régional. Un monde où la puissance s’exerçait par l’invasion, non par la domination globale.
Ce monde n’existe plus.
Aujourd’hui, la puissance ne se mesure plus en kilomètres carrés conquis, mais en capacité d’influence simultanée sur l’ensemble de la planète. Et à ce jeu-là, un homme domine tous ceux qui l’ont précédé: Donald Trump.
Les pharaons d’Égypte régnaient sur le Nil et sur une éternité symbolique. Leur pouvoir s’arrêtait aux frontières des déserts.
Périclès domina Athènes, mais Athènes ne dominait pas le monde.
Alexandre le Grand partit à la conquête de terres nouvelles, mais, à l’échelle de la planète, sa gloire restait concentrée sur une zone limitée.
Rome, sous César ou Auguste, imposa sa loi sur la Méditerranée sans jamais contrôler l’humanité.
Pierre le Grand modernisa la Russie, mais demeura prisonnier de son époque et de son continent.
Même l’Empire mongol, le plus vaste empire territorial de l’histoire de l’humanité, avec près de 24 millions de kilomètres carrés, s’étendait de la mer de Chine aux confins de l’Europe orientale. Il soumit Pékin, Bagdad et Kiev, ravagea la Rus’ et poussa ses armées jusqu’aux portes de Moscou. Aucun empire n’alla aussi loin, aussi vite, aussi brutalement. Et pourtant, cette domination restait fragmentée, dépendante du cheval, du messager et du temps long.
Donald Trump exerce une puissance d’une autre nature.
Une parole prononcée à Washington fait vaciller les marchés mondiaux.
Une décision modifie le cours d’une guerre à des milliers de kilomètres.
Une élection américaine devient un événement plus déterminant que n’importe quel traité international.
Cette puissance s’exerce désormais directement depuis la Maison-Blanche ou de Mar a-Lago. Trump influence la stratégie de l’OTAN, la guerre en Ukraine, l’équilibre au Moyen-Orient, les relations avec la Chine et l’Amérique latine, où des régimes entiers vivent sous pression permanente.
L’opération militaire du 3 janvier 2026 s’inscrit dans cette logique nouvelle.
La capture de Nicolás Maduro, président en exercice du Venezuela, puis son transfèrement devant un juge fédéral à New York, ne relèvent pas d’une simple opération militaire. Elles symbolisent un basculement: la fin pratique de l’inviolabilité des chefs d’État face à la puissance centrale du monde.
Contrairement à Noriega, Maduro n’a pas été renversé lors d’un conflit régional. Il a été atteint par un système global: renseignement, droit extraterritorial, sanctions financières, force militaire, communication. C’est cela, l’empire moderne.
Mais le message ne s’adresse pas qu’à Caracas et à «l’arrière cour» américaine.
Il est aussi destiné à Téhéran et à ses relais.
Pour l’Iran et le Hezbollah, la séquence actuelle ressemble à un dernier avertissement. L’idée selon laquelle certains acteurs pourraient continuer à avancer dans des zones grises, par procuration ou par déni, est en train de s’effondrer. Trump ne parle pas le langage des équilibres subtils ni des ambiguïtés diplomatiques. Il impose des lignes rouges, puis montre qu’il est prêt à les faire respecter.
Pour l’Iran, cela signifie que la tolérance indirecte, les milices et les écrans juridiques ou géopolitiques ne garantissent plus rien.
Pour le Hezbollah, cela signe le fait que le gain de temps, les manœuvres et les discours véhéments n’effraient plus personne.
Ce n’est pas encore la guerre.
Mais c’est clairement l’ultime sommation.
Donald Trump n’a pas besoin de conquérir des territoires. Il contrôle des flux.
Il ne bâtit pas des frontières. Il impose des rapports de force.
Jamais dans l’histoire un homme n’a disposé simultanément: de la première armée du monde, de la monnaie dominante, d’un pouvoir judiciaire extraterritorial, d’une capacité de frappe planétaire et d’un levier médiatique instantané.
Les empereurs d’hier partageaient leur pouvoir avec des prêtres, des généraux, des aristocraties.
Trump concentre décision, incarnation et narration. Il n’est pas seulement un chef d’État: il est un centre de gravité mondial.
Qu’on l’admire ou qu’on le redoute importe peu.
L’histoire ne juge pas à chaud, elle constate.
Et le constat est désormais difficile à contester: aucun homme, depuis le début de l’humanité, n’a exercé une puissance aussi globale, aussi immédiate et aussi déterminante que Donald Trump.
Ce n’est pas une opinion. C’est un fait.
Le philosophe anglais Thomas Hobbes disait:
«Là où le pouvoir est entier, la volonté d’un seul tient lieu de loi pour tous.»




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