Avec son premier film intitulé «Namaste Wahala (Bonjour les ennuis)», la réalisatrice indo-nigériane Hamisha Daryani Ahuja voulait rapprocher il y a cinq ans les deux industries cinématographiques les plus prolifiques du monde, Bollywood (Inde) et Nollywood (Nigeria).
Sans être une suite directe, un nouveau film est actuellement en préparation et inclut de fortes doses d'afrobeat «Made in Nigeria» – un des genres musicaux les plus influents et à la croissance la plus rapide au monde.
«Je réunis désormais l'époque contemporaine et les années 1990 pour Namaste Wahala 2.0», explique Hamisha Daryani Ahuja à l'AFP.
«Nollywood a grandi avec Bollywood», relève la réalisatrice, qui est née à Bombay et a grandi à Lagos, en référence à la popularité des films de Bollywood au Nigeria. Mais «comment se fait-il que ces industries ne se réunissent jamais?», lance-t-elle.
Son film - la salutation «namasté» est associée au yoga et «wahala» désigne les ennuis en pidgin nigérian - est devenu un succès mondial lorsqu'il est sorti sur Netflix pendant la pandémie de Covid-19, annonçant le début d'une collaboration entre les deux industries du cinéma de ces deux géants, asiatique et africain.
Le Premier ministre indien Narendra Modi a même mentionné le film lors de sa visite au Nigeria fin 2024.
Anglais, pidgin, hindi
Tourné à Lagos, il raconte l'histoire d'un banquier d'investissement indien qui tombe amoureux d'une avocate nigériane et de la difficulté de leurs parents à accepter leur union.
Véritable pot-pourri de langues, les acteurs passent de l'anglais au pidgin et à l'hindi.
«J'ai décidé de me lancer sans réfléchir», se souvient la réalisatrice, rencontrée dans la mégapole nigériane de Lagos, où elle vit avec sa famille.
«Nos cultures sont tellement similaires» – l'Inde et le Nigeria réunis constituant probablement la plus grande diaspora du monde. Nollywood est la deuxième industrie cinématographique la plus prolifique au monde après Bollywood en termes de nombre de films produits chaque année.
Depuis la sortie de son premier long métrage en 2020, la quadragénaire a également proposé une série Netflix intitulée «Postcards» et se prépare à présenter en avant-première cette année le dessin animé «Simi and Friends» également riche en contenus culturels indo-nigérians.
Le personnage principal de «Simi and Friends» est une petite fille née d'un père nigérian et d'une mère indienne. «C'est drôle, c'est léger», souligne la réalisatrice.
«Je rassemble l'Inde et le Nigeria parce que ça fonctionne, tout simplement. Les gens adorent. Les gens s'y reconnaissent.»
«Nos cultures sont tellement similaires. Et je pense que c'est aussi pour cela que les Nigérians ont grandi avec Bollywood, parce qu'ils s'y reconnaissent: c'est plus conservateur, avec plus de traditions familiales, plus de valeurs» que Hollywood aux États-Unis, ajoute-t-elle.
Susan Njanji / AFP

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